A bout de souffle

Festival de Cannes 1996… Michael Cimino présente ce qui restera comme son dernier film, Sunchaser, au cours d’une des projections les plus tristes de l’histoire du festival. Après une suite d’échecs commerciaux puis artistiques, la sélection en compétition peut relancer le réalisateur. Ce qui devrait être un événement passe en fait inaperçu et, vu la qualité du film, c’est une chance : Cimino ne fait plus de bons films et ne fait même plus scandale.

(La première partie de cet hommage peut être lue ici)

CmbbGsyXEAAH36q.jpg_medium

Le dernier film de Michael Cimino est donc Sunchaser. C’est officiel et c’est dramatique. Figure tutélaire du nouvel Hollywood, au côté d’autres maîtres comme Scorsese, Spielberg, Lucas, Coppola, DePalma ou Friedkin, Michael Cimino incarna ce mouvement, jusque dans ses excès. Le succès de Voyage au bout de l’Enfer  fut l’un des sommets de cet âge d’or. L’échec des Portes du Paradis précipitant la chute de cette « politique des auteurs » au cœur de l’industrie hollywoodienne. La deuxième partie de sa carrière fut un long déclin : Un dernier grand film, un dernier film maudit, son premier film sans intérêt, son premier navet : Sunchaser. Il n’aura donc jamais réussi à réaliser son rêve d’adapter La Condition humaine  de Malraux. Accessoirement, il n’aura jamais réalisé mon rêve de cinéphile : le voir adapter La Route de Cormac McCarthy…