Cher Loïc Prigent, je reprends ici ma réponse à votre reportage paresseux et poussif sur Duras. Ça vous a sans doute amusé de le faire, ça m’amuse de vous répondre pour redéfinir les contours biaisés que vous avez esquissés à propos de ce grand auteur. C’est le pouvoir incantatoire du style M.D. dont je vais m’occuper ici, fait de pauses et de silences dont jamais Bernard Pivot n’a été gêné (que peut faire dire la télé qui n’a jamais été vérité ? Vous avez raison sur un seul point Loïc Prigent, Duras s’inquiétait de l’information qui allait bientôt nous envahir et nous trahir… Mais vous-même, pourquoi êtes-vous si inquiet devant le silence ?). A vrai dire, Pivot a, tout au long de cette émission, été séduit par cette vielle dame qui parle comme un livre écrit. Essayez de vous arrêter à écouter cette intelligence – les révolutions, parfois, ne font pas de bruit.