M.M.M.M. de Jean-Philippe Toussaint ou tout à la fois le cycle romanesque de Marie, des Saisons musicales, la lettre « aime » et l’initiale du prénom français qui l’énonce par anagramme depuis la Pléiade. C’est aussi un clin d’œil vers l’art contemporain — « elle se faisait appeler Marie de Montalte, parfois seulement Montalte, sans la particule, ses amis et collaborateurs la surnommaient Mamo, que j’avais transformé en MoMA au moment de ses premières expositions d’art contemporain. Puis, j’avais laissé tomber MoMA, pour Marie, tout simplement Marie (tout ça pour ça) ».

« Les images vivent à l’intérieur de nous » déclarait récemment Bill Viola à la manière d’un parfait exergue qui s’ignorerait au très beau et très délicat récit de Laurent Jenny, Le Lieu et le moment, paru il y a peu chez Verdier. Sans doute cette sentence du plasticien américain sur l’incessante et secrète vie des images donne-t-elle à contempler au plus intime et au plus nu de soi le projet de Jenny, celui d’un homme qui, patiemment, entreprend de se raconter depuis les événements qui ont su faire image en lui, devenir collection permanente de son existence et s’imposer comme le mémorable d’un destin traversé de ce que l’auteur désigne d’emblée comme ces images sans détour, « littérales comme les nuages du ciel, les fourmis dans l’herbe ».

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Olivier Adam, inutile sans doute de le présenter, sinon peut-être de manière oblique, comme l’a fait Elle il y a quelques mois, à travers ses recettes de cuisine. On retrouve dans les quatre fiches proposées l’univers et l’imaginaire de l’écrivain, la Bretagne (il vit près de Saint-Malo) — avec une recette de homard tiède et salade de courgettes au parmesan ou un tagine express de lieu jaune — et le Japon avec un tataki de thon, aux épices et sésame, recette ramenée de Kyoto.