Un des événements majeurs de cet été fut indubitablement « Qui a fait le tour de quoi ? 20 mn avec Magellan » de Romain Bertrand. Prononcé au désormais incontournable Banquet d’été de Lagrasse, sur les coups de 19h19, dans la chaleur vespérale des Corbières, ce remarquable feuilleton historique, beau comme du Conrad, a fait revivre chaque soir devant un public conquis le premier tour du monde par Magellan.

« J’exige un autre centre du monde […] qu’aucun visage de la réalité humaine ne soit poussé sous le silence de l’Histoire ».

Ces mots de Sony Labou Tansi, extraits des Sept solitudes de Lorsa Lopez, sont choisis par Christiane Taubira pour ouvrir sa Baroque sarabande. Ils introduisent parfaitement à ces danses de lectures que nous proposent Tony Morrison et Christiane Taubira.


Un an après Alejandro González Iñárritu, c’est au tour de James Gray d’opposer la violence des hommes à celle de la nature, de revenir sur les clichés du bon sauvage et de rappeler l’homme à sa misérable condition d’engrais sur patte. Mais là où The Revenant était aussi beau que violent,  The Lost city of Z est touché par la grâce, dernier opéra du cinéaste qui en quittant New York trouve l’apaisement.

Sans doute notre contemporain est-il taraudé, secrètement, soudainement, par l’idée, impossible mais toujours vive, d’un contre-livre, d’un Livre nu et comme noir qui aurait compris dans l’envers négatif et comme néantisé de toute Littérature, qu’écrire, ce serait désormais écrire après tous les livres, bien après les bibliothèques, quand la dernière page du dernier livre a été tournée depuis longtemps et que tous les livres sont à présent refermés et rangés, irrémédiablement.

Jean Rolin © Olivier Roller
Jean Rolin © Olivier Roller

On connaît le tropisme maritime de Jean Rolin avec ses diverses modulations, depuis les espaces portuaires de Terminal Frigo (P.O.L, 2005) jusqu’au projet de traversée à la nage du détroit du même nom dans Ormuz (P.O.L, 2013) en passant par le trajet en cargo entre Europe et Afrique dans L’Explosion de la durite (P.O.L, 2007) – un tropisme dont témoigne d’une autre manière un recueil de textes journalistiques comme Vu sur la mer (La Table Ronde, « La Petite Vermillon », 2012). On sait aussi comment les guerres du xxè siècle et les conflits contemporains disséminés à travers le monde hantent son œuvre, de façon plus ou moins directe ou souterraine (Campagnes, Gallimard, 2000, Un chien mort après lui , P.O.L, 2009 ou L’Explosion de la durite). Avec son dernier texte, Peleliu (P.O.L., 2016), l’écrivain croise d’une façon encore inédite ces deux dimensions en prenant pour objet d’écriture une île du Pacifique qui fut le théâtre d’une terrible bataille pendant la Seconde Guerre mondiale et dont le narrateur va s’employer à arpenter le territoire aussi limité (13 km2) que parfaitement circonscrit du fait de son caractère insulaire.

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Au mois d’août 2015, le quotidien britannique The Guardian a publié un classement intéressant, pittoresque et forcément subjectif de ce qu’il considère être les cents meilleurs romans de tous les temps. La particularité est, en l’occurrence, qu’il s’agit évidemment et exclusivement des publications faites par des auteurs de langue anglaise, quelle que soit leur nationalité ou leur origine et quelle que soit l’époque.

Cette deuxième partie va de la charnière entre dix-neuvième et vingtième siècle, avec The Sign of the Four (26) d’Arthur Conan Doyle (1890), et s’étend jusqu’en 1925 et Mrs.Dalloway (50) de Virginia Woolf. 

book_guide_hero_booksLe quotidien britannique The Guardian s’est amusé — si, si on s’amuse aussi au Guardian — à établir un classement des dix pires personnages de la littérature que, généralement, on adore (Top 10 hateful characters you love in literature). En d’autres termes, ceux et celles que l’on aime détester. La hiérarchisation a été faite dans l’ordre chronologique et non pas sur la base d’autres critères, qu’il aurait sans doute été difficile de justifier ou d’expliquer.

Jean Echenoz n’a de cesse de surprendre ses lecteurs : chaque fois qu’il a semblé se couler dans un genre, c’était pour mieux le subvertir – ainsi du roman policier, du récit d’aventures, des biographies imaginaires (Ravel, Courir ou Des éclairs) ou du roman de guerre avec 14Caprice de la reine, est un nouveau détour, au sens tout autant géographique que formel : sept récits comme autant de lieux composent ce recueil, malgré son titre qui pourrait faire croire à un roman historique à la Chantal Thomas.