Georgia O’Keeffe par Alfred Stieglitz, 1918

Le 15 novembre 2017 a marqué le cent-trentième anniversaire de la naissance de l’artiste américaine Georgia O’Keeffe (1887-1986), considérée par beaucoup comme la mère du modernisme américain. Disparue à l’aube de son centième anniversaire, le 6 mars 1986, elle a laissé, dans l’histoire de la peinture, une trace profonde, marquante et originale, avec ses tableaux de fleurs XXL et son obsession des gratte-ciel de New York.

Voilà bientôt une année, comme par surprise à soi, que Prince nous a quittés, jour pour jour. Ce sinistre premier anniversaire est marqué par la sortie d’un EP inédit, Deliverance, sans doute écrit et interprété entre 2006-2008, période féconde pour celui qui se faisait appeler The Artist mais aussi par une somme de biographies dont on retiendra, lumineuse, érudite et généreuse, celle d’Alexis Tain, Prince : Le Cygne Noir à la Découverte.
Car on le sait désormais depuis un an, comme une rumeur folle, comme une évidence indépassable : Prince n’aura vécu que 8 ans.

On le sait désormais depuis hier : Prince n’aura vécu que 8 ans. Quand ce 21 avril 2016, dans la stupeur hagarde mondiale, tremblante de savoir que l’irrémédiable lui était advenu, quand son corps s’est éteint dans un cri mat au cœur d’un ascenseur ignoré de son bunker blanchotien de Minneapolis, voilà longtemps déjà que Prince était déjà pourtant mort à lui-même le sachant, que la vie l’avait déserté, qu’il avait été abandonné de lui, qu’il avait fait de sa propre désertion à être l’accomplissement ultime d’une existence dont la biographie lui importait peu.

Dearly beloved
We are gathered here today
To get through this thing called life*

La mort d’un artiste a toujours un effet miroir égoïste un peu étrange. Le monde pleure Prince aujourd’hui. Quelques heures après l’annonce de sa mort, on fredonne, on réécoute Kiss, Cream, Purple rain, Alphabet Street, Raspberry Beret, Girls and Boys… On repense à ce que l’on faisait à ce moment-là. On se souvient et l’on se dit que l’on a perdu quelque chose, qu’un peu de notre propre vie part avec lui.

yourtype

Non, ne vous moquez pas. Vous avez toutes et tous un jour fredonné Call Me Maybe dans la rue sur vos lecteurs MP3 en simulant le téléphone avec votre main, provoquant peut être quelques sourires auprès des passants ayant croisé votre chemin — oui, c’est du vécu. Avouez également !

Le produit Carly Rae Jepsen a le mérite de poser au moins une question : Comment un artiste peut il poursuivre sa carrière après un tube aussi écrasant et omniprésent que Call Me Maybe ?