Is it fake ? Cette question désormais récurrente que le 45è président des États-Unis a introduit de force dans la vie et le langage quotidien en rappelle une autre. Les cinéphiles ont tous en mémoire le remarquable film de John Schlesinger, Marathon Man (1976), et le célèbre harcèlement répétitif de l’ex-bourreau nazi, le terrifiant docteur Christian Szell, interprété par Laurence Olivier, qui s’attaque, roulette en main, à une dent très saine de Thomas Babington Levy (Dustin Hoffman) pour lui faire avouer ce qu’il ne sait pas de la vie de son frère agent secret, is it safe ? Toute une génération est allée chez le dentiste avec un plus d’angoisse après cela. Désormais toute une génération a tendance, en apprenant une nouvelle importante, à se poser cette question angoissante et récurrente, is it fake ?

51A3CKQ54BL

Publié en 1874, le roman de Thomas Hardy, Far from the Madding Crowd (titre apocopé depuis l’original Far from the Maddening Crowd), est un roman qui puise dans le romantisme et annonce déjà la veine pessimiste du même auteur, dont l’apothéose sera Jude The Obscure, en 1895, et vient après Under the Greenwood Tree (1872) et avant The Mayor of Casterbridge (1886) et Tess of the d’Urbervilles (1891). Le cadre est la province du Wessex, qui est à la fois le fruit de l’histoire, et notamment de la conquête normande, et de l’imagination de Thomas Hardy, car cette province, imaginaire au XIXè siècle, englobe le Dorset (bastion du Wessex de Hardy, puisqu’il y est né), le Hampshire, le Wiltshire, le Devon, le Somerset, le Berkshire et l’Oxfordshire. Donc, en résumé une vaste province qui va des abords ouest de Londres jusqu’aux premiers lopins de terre de la Cornouaille. Le titre est une référence au poème de Thomas Gray, Elegy Written in a Country Churchyard (1751), le vers complet étant the madding crowd’s ignoble strife, littéralement les querelles ignobles de la foule en folie, ce qui donne le nécessaire éclairage à la compréhension de ce roman, qui oppose les personnages épris de liberté au carcan de la société victorienne. 

Michael Gambon, dans le rôle de Winston Churchill, photo Daybreak/Pictures
Michael Gambon, dans le rôle de Winston Churchill, photo Daybreak/Pictures

Le 29 février dernier, la chaîne de télévision britannique privée, ITV, a diffusé un téléfilm intitulé Churchill’s Secret, dans lequel le premier ministre pendant la seconde guerre mondiale est incarné par le célèbre comédien Michael Gambon, qui a commencé sa carrière au théâtre, en 1965, aux côtés de Laurence Olivier, pour la continuer brillamment au cinéma, mais dont le public ne retient curieusement et injustement que son rôle dans l’adaptation cinématographique de Harry Potter, The Casual Vacancy