En ces semaines où les prix littéraires d’automne consacrent des livres tout juste parus, mettant en lumière des textes qui demeureront (L’Ordre du jour d’Eric Vuillard) et d’autres plus éphémères, il serait utile de revenir sur des aventures éditoriales au long cours, de celles qui marquent durablement le paysage de leur empreinte singulière : ainsi Tristram, maison d’édition qui fête cette année ses trente années d’existence, dans une forme tout autant insurrectionnelle qu’anthologique (mais la maison aime les paradoxes et la littérature lui est sport de combat), avec la publication d’une Association de malfaiteurs.

Xavier Boissel est né en 1967 à Lille, il a collaboré à de nombreux collectifs Inculte (Face à Sebald, Face à Lamarche-Vadel). Il a publié l’essai Paris est un leurre (Inculte, 2012) et un premier roman en 2013, Autopsie des ombres, chez le même éditeur, prix Thyde Monnier de la Société des Gens de Lettres. Puis Rivières de la nuit, en 2015, chez Inculte, toujours. Cartographie d’un univers littéraire majeur.

Manuel Candré présente son livre, Le portique du front de mer, comme l’effet de sa  « rencontre » avec Vermillion Sands, recueil de nouvelles de J.G. Ballard. Le thème de la rencontre est un de ceux qui traversent ce livre : rencontre avec des événements étranges, des mirages extraordinaires, des distorsions du temps, de l’espace, des passions incompréhensibles du corps.

Écrire, n’est-ce pas toujours se situer dans une filiation, un « qui suis-je ? », interrogation d’une identité comme d’une inspiration ? Écrire n’est-ce pas d’abord avoir lu ? Le Portique du front de mer de Manuel Candré énonce sa source : la découverte séminale, vingt ans plus tôt, de Vermilion Sands de Ballard et les « paysages intérieurs que sa lecture a fait lever en moi ».