Une jeune fille avec un anus à la place de la bouche, une naine enceinte star d’une émission pour enfant sous le costume d’un ours rose, une prostituée sans yeux, une obèse sans le sous, une femme au visage déformé et son conjoint grand brûlé, un jeune homme qui rêve de perdre ses jambes pour devenir sirène face à une mère haïssable et un père absent que l’on soupçonne de pédophilie. Le tout enrubanné d’un décor ouaté, pailleté, rose vif ou mauve guimauve – les deux seules couleurs présentes dans un louable souci du détail : c’est un freak show kitschissime que le jeune réalisateur et comédien espagnol Eduardo Casanova nous propose dans son premier long métrage : Pieles.

Umberto Eco (1932-2016) est mort vendredi soir, il avait 84 ans. Le monde des lettres perd un immense théoricien des signes et du langage, dont les travaux sur le lecteur, la réception, les médias, l’esthétique, l’art de la fiction demeurent parmi les plus importants de ces dernières décennies. Il était venu tardivement au roman, avec Le Nom de la Rose, en 1980, enquête policière médiévale (et borgesienne), « livre fait de livres » et empire des signes, dont la traduction en plus de 40 langues et l’adaptation cinématographique lui valurent une renommée internationale.