Adapter une œuvre n’est jamais une mince affaire, qui plus est quand il s’agit de concentrer quarante années d’aventures de papier en en deux heures dix-huit de pellicule, fût-elle numérique : en portant Valérian de Christin et Mézières à l’écran, Luc Besson a réussi à son corps défendant à faire voyager son film aux confins du Grand rien. Décryptage et critique aux frontières de la bande dessinée, du cinéma et de la mauvaise foi.

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En mai 1967, le festival de Cannes, qui n’avait pas encore planté les germes de sa confortable petite rébellion microcosmique et cinématographique de 1968 sur la Croisette, décerna son grand prix à un réalisateur italien, Michelangelo Antonioni, qui avait déjà atteint une grande notoriété avec sa trilogie, L’Avventura (1960), La Notte (1961) et L’Eclisse (1962). Mais, cette fois d’une part Antonioni avait abandonné son Italie natale pour le Londres des années 1960, d’autre part il avait opté pour une adaptation, celle d’une nouvelle littéraire d’un auteur argentin exilé à Paris (où il mourra en 1984 et sera inhumé au cimetière du Montparnasse), Julio Cortazar.