David Lodge (Sipa)

Ainsi David Lodge serait Né au bon moment (Quite A Good Time to Be Born), premier volume de mémoires (1935-1975) qui paraît en poche chez Rivages. Et dès cette ligne de présentation il faudrait nuancer, comme toujours avec cet écrivain anglais aussi subtil et ironique qu’il est précis : oui, David Lodge écrit ses mémoires mais il n’est pas dans l’autocélébration empesée ou le nombrilisme, et ce qui frappe le lecteur dans les quasi 600 pages de ce livre c’est la modestie de l’écrivain, sa manière si particulière de lier sa vie à son œuvre comme à l’Histoire de son siècle, en une forme d’illustration singulière et d’exemplum — et ce, dès l’incipit : « je suis venu au monde le 28 janvier 1935, moment faste pour un futur écrivain né en Angleterre et appartenant à une famille de la classe moyenne la plus modeste comme la mienne, malgré les sombres menaces qui planaient sur l’Europe. Cela signifiait que j’aurais beaucoup de choses à écrire (…) ».

3151212_3_bf5a_ill-3151212-6e78-000-par6207002_38c0b7555a77adb330f512cc4cd07622

Dans une page de remerciements, à la fin de son premier roman, Tout ce qui est solide se dissout dans l’air, l’écrivain irlandais Darragh McKeon cite, parmi d’autres influences, Svetlana Alexievich et sa Supplication (Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse). Et la filiation entre les deux livres est en effet troublante, la réponse de la fiction à l’enquête, une forme de transfictionnalité avec le réel et le document comme point d’appui commun, le prolongement dans Tout ce qui est solide d’un dialogue ou de ces discours qui innervent La Supplication, « des bribes de conversation », pour dire non pas seulement une catastrophe technologique et écologique majeure mais des drames humains, intimes, l’histoire collective comme singulière d’un événement.

David Lodge (Sipa)
David Lodge (Sipa)

Ainsi David Lodge serait Né au bon moment (Quite A Good Time to Be Born), premier volume de mémoires (1935-1975) qui vient de paraître chez Rivages. Et dès cette ligne de présentation il faudrait nuancer, comme toujours avec cet écrivain anglais aussi subtil et ironique qu’il est précis : oui, David Lodge écrit ses mémoires mais il n’est pas dans l’autocélébration empesée ou le nombrilisme, et ce qui frappe le lecteur dans les quasi 600 pages de ce livre c’est la modestie de l’écrivain, sa manière si particulière de lier sa vie à son œuvre comme à l’Histoire de son siècle, en une forme d’illustration singulière et d’exemplum — et ce, dès l’incipit : « je suis venu au monde le 28 janvier 1935, moment faste pour un futur écrivain né en Angleterre et appartenant à une famille de la classe moyenne la plus modeste comme la mienne, malgré les sombres menaces qui planaient sur l’Europe. Cela signifiait que j’aurais beaucoup de choses à écrire (…) ».

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Dans une page de remerciements, à la fin de son premier roman, Tout ce qui est solide se dissout dans l’air, l’écrivain irlandais Darragh McKeon cite, parmi d’autres influences, Svetlana Alexievich et sa Supplication (Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse). Et la filiation entre les deux livres est en effet troublante, la réponse de la fiction à l’enquête, une forme de transfictionnalité avec le réel et le document comme point d’appui commun, le prolongement dans Tout ce qui est solide d’un dialogue ou de ces discours qui innervent La Supplication, « des bribes de conversation », pour dire non pas seulement une catastrophe technologique et écologique majeure mais des drames humains, intimes, l’histoire collective comme singulière d’un événement.