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Il y a des livres qui ne se laissent pas facilement refermer. Ils vous entraînent, exigeant de vous, d’une voix douce et non autoritaire, que vous continuiez encore à faire un bout de chemin avec eux. L’Étrange animal, je l’ai lu quasiment d’une traite, avec quelques pauses cependant, mais dans une même journée, alors qu’ayant à faire, comme toujours, j’aurais dû le reposer, le mettre en veille, avant de le reprendre le lendemain, ou un autre jour.

Joan Semmel, Intimacy-Autonomy, 1974 (Brooklyn Museum)

Lascaux, véritable lanterne magique, n’est pas qu’un simple témoignage du passé, qu’une antique archive de l’humanité, elle est le lieu de notre naissance, notre scène originelle, notre trame intérieure. Lascaux est notre premier rêve, notre toute première vision dont le souvenir hante nos nuits sans que l’on sache à vrai dire ce qui nous hante : « Un homme qui pénètre dans une caverne paléolithique, alors que c’est la première fois », écrit Pascal Quignard, « la reconnaît. Il revient » (Dernier royaume, Tome 3 : Abîmes, 2002).