L’Histoire commence un lundi comme les autres, alors que Berlin « remue derrière son écran de brouillard ». Mais ce lundi 20 février 1933 « ne fut pas une date comme les autres » : au bord de la Spree, « vingt-quatre costumes trois pièces » se réunissent secrètement dans un salon feutré du Reichstag. Ils sont le « nirvana de l’industrie et de la finance » qui va lever des fonds pour le parti national socialiste, premier rouage d’une mécanique inexorable dont nous connaissons les conséquences.
Eric Vuillard dans son « récit », puisque tel est le genre revendiqué du livre, revient sur cette date et d’autres tout aussi insignifiantes en apparence, tombées dans l’oubli, pour nommer ceux qui firent l’Histoire et « saisir le fond d’éternité » de ces moments qui, dans leur apparente banalité, sont les actes fondateurs d’un système. Les raconter c’est les remettre à L’Ordre du jour, puisque « la littérature permet tout, dit-on ».

L’Histoire commence un lundi comme les autres, alors que Berlin « remue derrière son écran de brouillard ». Mais ce lundi 20 février 1933 « ne fut pas une date comme les autres » : au bord de la Spree, « vingt-quatre costumes trois pièces » se réunissent secrètement dans un salon feutré du Reichstag. Ils sont le « nirvana de l’industrie et de la finance » qui va lever des fonds pour le parti national socialiste, premier rouage d’une mécanique inexorable dont nous connaissons les conséquences.
Eric Vuillard dans son « récit », puisque tel est le genre revendiqué du livre, revient sur cette date et d’autres tout aussi insignifiantes en apparence, tombées dans l’oubli, pour nommer ceux qui firent l’Histoire et « saisir le fond d’éternité » de ces moments qui, dans leur apparente banalité, sont les actes fondateurs d’un système. Les raconter c’est les remettre à L’Ordre du jour, puisque « la littérature permet tout, dit-on ».

Otto Dix ou le regard impitoyable

Otto Dix (1891-1969) a peint mendiants et prostituées, soldats massacrés et paysages torturés, le sexe et des corps crus, les perversions et désastres de son temps. Il a brisé tabous et convenances dans la représentation pour mettre à jour les failles d’une société allemande profondément bouleversée par la Première Guerre mondiale, les blessures à vif et ces inégalités criantes — criardes sur ses toiles — qui ont été le germe et le terreau du nazisme.
Arte diffuse le dimanche 5 mars un documentaire de Nicola Graef, Otto Dix ou le regard impitoyable, soit un double portrait, celui d’un artiste, celui du monde dans lequel il évolue et qu’il peint sans aucune concession.

Berlin 1982-014

Dans son Combat pour Berlin, Goebbels emploie dans des circonstances variées, mais toujours péjorativement, un mot bien plus révélateur. Ce livre a été écrit avant la prise du pouvoir, avec pourtant déjà une grande confiance dans la victoire, et il décrit les années 1926-1927, époque à laquelle Goebbels, arrivant de Rhénanie, commence à conquérir la capitale pour son parti.