Diacritik a toujours eu à cœur de défendre la littérature étrangère et celles et ceux sans lesquel.le.s elle demeurerait inaccessible à une grande partie du lectorat français. Carine Chichereau a accepté de tenir une rubrique régulière dans nos colonnes, pour évoquer, en vidéo, un texte dont nous lui devons la version française. Aujourd’hui, Les Cent puits de Salaga d’Ayesha Harruna Attah tout juste paru aux éditions Gaïa.

Le ravissement des innocents est un premier roman singulier, aussi insaisissable et pluriel que son auteure, Taiye Selasi, née à Londres, élevée aux États-Unis, vivant en Europe après avoir parcouru le monde, d’origine ghanéenne par son père et nigériane par sa mère. Sa vie pourrait être à elle seule un roman. Taiye Selasi écrit en anglais, cette langue qui recouvre tant de racines et d’usages de par le monde, parlée au Royaume-Uni comme aux États-Unis, en Inde ou en Afrique anglophone, tant de pays que l’auteure a connus, traversés ou dans lesquels elle a vécus. Et la prose du roman tisse ces langues, elle est héritière de ces croisements, de ces cultures qui se rencontrent dans un roman inclassable, fragmenté et poétique, l’histoire d’une famille autour des trois journées qui suivent un deuil.