Nous sommes nombreux, en ces jours, pour une raison mystérieuse, à retrouver, trier, jeter, garder, ranger. C’est ainsi que j’ai exhumé, au fin fond de mon appentis, le supplément daté du Vendredi 31 Décembre 1999, d’un quotidien dont le nom suggère qu’il serait capable de nous libérer. Deux-cent-vingt écrivains, intellectuels, artistes et chercheurs y répondaient à la question « A quoi pensez-vous à la veille du passage à l’an 2000 ? »

L’Énigme Tolstoïevski paraît aujourd’hui, nouveau paradoxe d’un menteur, pour décaler le titre du premier essai de Pierre Bayard (1993), fondateur d’une collection des éditions de Minuit comme d’une œuvre tout entière sous le signe d’un jeu à la fois sérieux et ludique, visant à transformer notre rapport à la littérature, donc à la représentation du monde.