Une traduction est-elle dépendante de son contexte ou notre conception de cette pratique a-t-elle évolué au point de nécessiter de revoir partiellement ou totalement refaire les traductions de nos classiques ? On pense, entre autres, à la retraduction collective de l’Ulysse de Joyce, à Berlin Alexanderplatz de Döblin par Olivier Le Lay, ou aux « nouvelles traductions » de 1984, de L’Île au Trésor ou des Nouvelles intégrales (tome 1) de Poe.

Depuis la campagne pour l’élection présidentielle de 2012, un singulier virus a surgi qui s’est prolongé en 2017 en faisant apparaître des symptômes spécifiques liés à une altération apparente de la santé de bon nombre d’électeurs et une classification spécifique de ces mêmes électeurs. Tous ces individus souffriraient de ce qu’il convient de nommer la « mélenchonnite », une tendance accrue à récuser tous les programmes, tous les faits avérés et toutes les préconisations politiques et sociales si elles ne sont pas agréées et validées par un élu qui répond au nom de Jean-Luc Mélenchon donc. Les adeptes de l’élu (mot qu’ils entendent au sens biblique) sont généralement désignés comme étant des « mélenchonnâtres ».

Entre la fiction et le réel, les frontières sont poreuses. Les dystopies semblent s’épanouir dans la première. Tellement, même, qu’il devient difficile de penser que leur abondance, en ce début de XXIe siècle, soit sans rapport avec le contexte où elles s’expriment. Tensions sociales et politiques, emportements et envahissements techniques, féodalisations économiques, dégradations écologiques (liste évidemment non exhaustive) paraissent redonner des conditions historiques favorables à ces descriptions de sociétés ayant déraillé du chemin du progrès collectif : littérature, cinéma, jeux vidéo et autres supports culturels les ont largement accueillies.

Orwell & Churchill

Thomas Edwin Ricks est une figure du journalisme américain. Spécialiste des questions de sécurité et du domaine militaire, il a été récompensé, par deux fois, par le prix Pulitzer pour ses reportages, en 2000 pour le Wall Street Journal et, en 2002, pour le Washington Post. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Fiasco: The American Military Adventures in Iraq (2006) et The Gamble: General David Petraeus and the American Military Adventure in Iraq, 2006-2008 (2009), qui ont été deux immenses succès de librairie et qui ont montré comment l’administration Bush et l’armée américaine se sont fourvoyées en Irak. Thomas E. Ricks travaille désormais en journaliste indépendant et collabore régulièrement au New York Times, au Washington Post, au New Yorker, à la BBC, à Sky News, au Guardian et fait partie de la rédaction du magazine Foreign Policy.
Comment un journaliste spécialiste des affaires militaires a-t-il pu s’intéresser à deux monuments, l’un politique, l’autre littéraire ? Et comment diable Thomas Ricks s’y est-il pris pour unir ces deux personnalités de l’histoire du vingtième siècle au Royaume-Uni ?

NonSense Poems

Edward Lear fut longtemps connu comme illustrateur talentueux puis ornithologue, et devint, un peu par hasard, écrivain et poète. Il pourrait figurer dans le Guinness Book of Records avec sa seule vie. En effet Lear naquit le 12 mai 1812, à Holloway, au nord de ce qui est désormais le grand Londres, 20ème enfant d’une fratrie de 21, il fut en vérité élevé par une de ses sœurs aînées. Jeremiah, le père, agent de change de son état pour l’entreprise familiale de raffinerie de sucre, ne laissa guère le temps à Anne, son épouse, de reprendre son souffle, puisque les 21 enfants furent conçus en 24 ans, presque du Dickens.

Donald Trump
Donald Trump

Au lendemain de cette désastreuse élection, on ne compte plus les indignations ridicules de gens raisonnables, qui reprochent aux électeurs d’avoir mal voté. Ils ont bien plutôt voté pour le mal. Non que le nouveau président des États-Unis soit le mal incarné (ce serait tout de même lui faire trop d’honneur), nous pensons plutôt ici au mal historique, celui dont la nécessité est, selon quelques grands philosophes, le moteur de l’histoire.

Depuis quelques jours, la polémique enfle autour de l’œuvre de Goin. Les réactions outrées se multiplient avec de nombreux arguments mêlant la lutte contre le terrorisme, le refus du mépris de la police, les problèmes plus graves ou plus urgents. Je crois qu’il y a quelque chose de grave et d’inquiétant qui se joue ici et je me permets quelques réactions rapides et à chaud.

Il y a dix jours, j’ai pensé que pour écrire un livre, on doit mixer 10 ingrédients. J’en note un par jour depuis dix jours. Chacun est premier dans mon cœur. Chacun à sa manière a ma préférence. Chacun est précieux et nécessaire. Même s’il se pourrait qu’ils soient incompatibles et que leur coexistence pacifique dans le livre ne soit pas gagnée d’avance.

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Cette semaine, Diacritik a parlé BD, Deleuze, littérature ; évoqué les polémiques pré-Angoulême ; fait la cuisine avec Desproges ; conduit ses lecteurs à Lille en photographies ; parlé du silence du monde, de sexe et pouvoir en littérature, de musique avec Daughter, d’ours qui sont des écrivains comme les autres, de murs parisiens ivres et rimbaldiens, de blasphème, de désir et inconnu dans une nouvelle page du journal d’Olivier Steiner. Et rendu un hommage en plusieurs volets à Ettore Scola.

Et pour ces dix-septièmes coulisses, c’est Johan Faerber qui s’effeuille en un abécédaire littéraire et « ymmodeste » :