En prélude au 28e Salon de la Revue qui se tiendra le 9, 10 et 11 novembre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de revues qui y seront présentes et qui, aussi vives que puissantes, innervent en profondeur le paysage littéraire. Aujourd’hui, entretien avec Jean-Marie Gleize et Cécile Sans pour leur très belle revue Nioques.

A l’occasion de la parution de La première année, rencontre avec Jean-Michel Espitallier et entretien où il est question de ce livre-ci mais aussi, de manière plus générale, de son travail d’écrivain, de la musique, de Wittgenstein, de la guerre et de la banalité du mal, de Francis Ponge et de la batterie, de bricolage, du syllogisme, ainsi que d’un livre en cours d’écriture.

Olivier Cadiot
Olivier Cadiot

« Chaque écrivain qui naît ouvre en lui le procès de la Littérature » lançait naguère Roland Barthes, désignant dans Le Degré zéro de l’écriture d’un geste épris d’intransigeante modernité, cet instant inouï où tout livre débute, à chaque fois, pour définitivement recommencer en soi la Littérature. De telles considérations qui entendent donner, dès son orée, l’écriture comme l’indépassable sursis d’une Littérature perpétuellement redébutée et en redessiner l’impossible histoire depuis son intime faillite toujours reculée résonnent comme le parfait liminaire à la lecture de l’incisive Histoire de la littérature récente, tome I, brûlante d’énergie qu’Olivier Cadiot qui paraît en poche aujourd’hui, chez Folio.

Autoportrait © Jean-Philippe Cazier

Jean-Philippe Cazier publie aux éditions Al Dante un livre déroutant, dès son titre, L’La phrase. L’. Déroutant non parce qu’il serait obscur ou étrange mais parce qu’il séduit, au sens étymologique de ce verbe, mène ailleurs, sur le chemin d’une langue qui se construit tout en s’énonçant, refusant tout sens figé, toute syntaxe absolue et butée.

Cette « langue en fuite » (non parce qu’elle serait sans courage mais parce qu’elle déborde) est au cœur d’un projet aussi poétique qu’il est politique : extraire la phrase de la gangue des habitudes et parlures, accepter les héritages et filiations tout en les mettant à distance, refuser ces paroles gelées dont nous abreuvent les médias, toutes ces « phrases mortes à la surface de la page ». Ainsi le livre peut-il être déroute, parfois silence et ombre, le plus souvent dynamite, l’un de ces putschs par lesquels le sens advient pour se perdre en nous.

La publication de L’La phrase. L’ était l’occasion rêvée de questionner Jean-Philippe Cazier sur son rapport au monde et à la langue (la sienne, celle des autres), sur les crises, sujets si présents dans ses livres comme ses articles, dans Diacritik ou Chimères principalement.

Apparemment, il n’y a rien de plus banal et de moins visible qu’un rond-point. Que dire sur les ronds-points à part leur fonction ? Pourtant, avec Tourner en rond – De l’art d’aborder les ronds-points, Jean-Michel Espitallier fait du rond-point un objet pour un langage poétique par lequel la poésie est redéfinie.

Olivier Cadiot
Olivier Cadiot

« Chaque écrivain qui naît ouvre en lui le procès de la Littérature » lançait naguère Roland Barthes, désignant dans Le Degré zéro de l’écriture d’un geste épris d’intransigeante modernité, cet instant inouï où tout livre débute, à chaque fois, pour définitivement recommencer en soi la Littérature. De telles considérations qui entendent donner, dès son orée, l’écriture comme l’indépassable sursis d’une Littérature perpétuellement redébutée et en redessiner l’impossible histoire depuis son intime faillite toujours reculée résonnent comme le parfait liminaire à la lecture de l’incisive Histoire de la littérature récente, tome I, brûlante d’énergie qu’Olivier Cadiot vient de faire paraître chez P.O.L.

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Diacritik publie un long entretien d’Amaury da Cunha avec Frank Smith à l’occasion de la parution de son Fonctions Bartleby, Brefs traités d’investigations poétiques, qui vient de paraître aux éditions Le Feu sacré. Il y est question de poésie, du rapport du langage au réel et au monde, d’archives, d’un regard qui fait image et sens.

Alors qu’il parle de la poésie, Jean-Marie Gleize commence par parler d’amitié, de fenêtre ouverte, de la main d’un ami décédé – de l’amitié, d’un art des relations gratuites, rencontrées dans le hasard du monde. L’ami, c’est celui avec qui l’on habite, même si l’on n’habite pas avec lui – l’amitié est une maison commune, même si la maison est faite de distances, une maison de papier. Nous creuserons l’épaisseur du papier, dit Jean-Marie Gleize, sans autre bruit que celui de l’eau, le bruit du vent. L’amitié, c’est déjà la poésie, et la politique.