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Les féministes, en inventant la formule « Mon corps m’appartient », ont exprimé une façon de créer les conditions d’un rapport à soi et aux autres nouveau, mais aussi une nouvelle façon de faire de la politique. A l’inverse, le déferlement actuel, sur les réseaux sociaux et dans les médias, d’insanités du Printemps français, des Jeunesses nationalistes ou de la Manif pour tous, les discours actuels rejetant l’égalité des droits, la PMA, la GPA ou les Gender Studies, et de même les discours racistes, antisémites, identitaires, nationalistes, se rejoignent en un même mot d’ordre affirmant que mon corps n’est pas à moi, que mon corps est un objet énonçable, manipulable, utilisable par ceux qui s’érigent en maîtres de nos corps et par là reconduisent une politique de la domination, une politique violente et mortifère.

 Jean-Clet Martin (DR)

Jean-Clet Martin (DR)

Le siècle deleuzien de Jean-Clet Martin, n’est pas un livre sur Deleuze mais avec Deleuze. Loin de s’enfermer dans l’exercice d’un commentaire fort peu deleuzien, de vouloir expliquer Deleuze, de le réciter selon une approche très scolaire ou de le rabattre sur des questions et problèmes que son œuvre a précisément contribué à vider de leur sens, Le siècle deleuzien propose une pensée avec Deleuze, pensée qui ne peut ainsi qu’être originale, nouvelle – puisqu’il s’agit avant tout de créer.

Ce livre fait de Gilles Deleuze l’opérateur d’une constellation traversée de thèmes, d’idées, de forces étranges, de rapports aux animaux ou aux machines mais aussi à d’autres philosophes comme Sartre ou Derrida – constellation qui dessine les points et trajectoires d’un autre monde dans le monde, d’un autre siècle dans le siècle. Il s’agit donc aussi de penser la possibilité d’autres possibles du monde, d’autres possibles de l’histoire, d’autres possibles du futur.

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Vendredi 22 janvier 2016, 7h34, je me lève et j’écris, une nouvelle page de journal comme je faisais le Passeport, il y a longtemps, pendant les vacances, quand j’étais petit. Bonheur d’écrire pour écrire, de me donner des nouvelles, écriture courante, drôle sentiment de plénitude en ce moment. Ça va faire plus d’un mois que je suis dans ces Hautes-Pyrénées natales, Tarbes, au début je ne devais y rester que quatre jours. Ça se prolonge, je n’ai rien décidé, impression d’être là où je dois être, je reste. Passer et flotter dans la vie comme un bouchon de liège sur un fleuve.