Diacritik l’affirmait haut et fort de la sortie en salles des Garçons sauvages en salles, en février dernier : « l’un des plus beaux films qu’il nous sera donné de voir cette année ». Nous republions notre entretien avec Bertrand Mandico, réalisateur de cette transe spectatorielle érotique, visqueuse, poilue et fantasmagorique alors que le film sort en DVD, aujourd’hui.

La France a refusé l’année dernière la mention « intersexe » à un transgenre qui en faisait la demande sous prétexte que, d’après la Cour de cassation, cela « aurait des répercussions profondes sur les règles du droit français construites à partir de la binarité des sexes ». Le monde de la recherche scientifique, qui se veut humaniste et progressiste, témoigne, lui aussi, de sa difficulté à prendre en compte la question de la parité. Nous vivons dans un monde, force est de le constater, qui se révèle toujours victime du modèle patriarcal.

 

Après conseils et réflexions, j’ai décidé de porter plainte contre le père de famille dont j’ai raconté l’histoire dans mon précédent texte. J’ai lu en effet une interview des responsables d’une association de violences faites aux femmes qui soulevait une question cruciale : « La définition du harcèlement est difficile, pour certaines une insulte sexiste dans la rue n’est rien, pour d’autres c’est une véritable agression. »

Jean-Michel Blanquer, farouche opposant à l’écriture inclusive, jugée « très laide »

Depuis quelques jours en France, se dévoile le théâtre désastreux de la misère impondérable de la Réaction politique qui, chose cependant assez nouvelle dans l’histoire immédiate, s’attache pour une fois à l’usage de la langue et à son renouvèlement par l’écriture inclusive. De fait, depuis bientôt un mois, de Jean-Michel Blanquer en passant par Édouard Philippe, chacun (des hommes) fustige l’usage de cette écriture inclusive en se réclamant d’autorité d’un usage unique et normé de la langue, celui rappelé il y a peu par la toujours déjà moribonde Académie française, toujours prompte à sortir de son cénotaphe de la rive gauche pour venir annuler toute forme d’émancipation.

Dans un très bel ouvrage que Suzanne Horer et Jeanne Socquet consacraient en 1973 à la place de la femme dans l’art, parmi les quelques beaux témoignages de femmes artistes publiés, la parole était donnée à Marguerite Duras qui mettait précisément l’accent sur la nécessité, de la part de la femme écrivain et cinéaste qu’elle représentait, de s’exposer avec force et conviction sur la scène médiatique pour faire face à un dehors masculin hostile et toujours prêt à suffoquer la parole féminine. Le titre du livre, La Création étouffée, annonçait déjà le projet des deux auteurs : aller interroger le pouvoir créateur qui est plus volontiers accordé aux hommes comme si la création était un ensemble monolitique réservée à une seule portion du monde.

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La voix résonne dans le casque. The return of the Thin White Duke. La voix est à la fois présente et absente, détachée, ailleurs. Throwing darts in lovers’ eyes. David Bowie est décédé le 10 janvier 2016. Pourtant sa voix est toujours là, au présent, lançant des fléchettes dans les yeux des amants. It’s too late to be grateful, it’s too late to be hateful. Comment la voix d’un mort peut-elle exister ? Voix après la mort ? Voix vivante d’un mort ? Et qui est mort si la voix est toujours là ?