Après quatre années d’absence, Tanguy Viel revient en cette rentrée d’hiver avec sans doute l’un de ses romans les plus puissants : Article 353 du code pénal. Dévoilant l’histoire tramée d’échecs de Martial Kermeur en butte aux manipulations d’un promoteur immobilier, Viel offre le terrible récit d’un homme bientôt abandonné de tous au cœur d’une rade de Brest comme à la dérive. Diacritik a rencontré Tanguy Viel le temps d’un grand entretien pour évoquer avec lui ce nouveau roman qui s’impose déjà comme l’un des plus importants de cette année.

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J’
habite une maison semi-enterrée. Les deux pièces du bas sont en partie souterraines. Seules dépassent leurs fenêtres, au ras du sol. L’une donne sur la rue, l’autre sur le jardin. J’aperçois des jambes passer, des roues passer, des oiseaux sautiller sur la pelouse. Une pièce est la cuisine. L’autre est celle où je lis, et parfois écris. Sur le bureau mon carnet de notes, dans un tiroir les anciens carnets empilés.
Et ce matin, en ville, dans la vitrine d’un marchand de livres : un petit ouvrage à la couverture noire, avec comme illustration le portrait d’un homme aux cheveux noirs et à l’écharpe blanche.
Les Carnets du sous-sol. L’auteur, Fédor Dostoïevski. Traducteur, André Markowicz.