Wyndham Lewis by George Charles Beresford, 1913

Rien, objectivement, ne prédestinait Wyndham Lewis à la notoriété et à la postérité, si ce n’est le hasard d’avoir été au carrefour de plusieurs mouvements artistiques et intellectuels. Né au Canada, fils d’un riche américain et d’une bourgeoise anglaise qui le ramena au Royaume-Uni, Percy Wyndham Lewis abandonna rapidement son premier prénom, qu’il trouvait ridicule, après des études secondaires à la public school huppée de Rugby, à l’époque où y fut créé le sport du même nom, et des études supérieures à la Slade School of Art, partie intégrante du University College de Londres, et entama, comme tout jeune nanti du moment, un tour d’Europe qui se termina à Paris, pour y scruter le monde des arts au début des années 1900.

« He had moved amid her phantasmagoria,
Amid her galaxies,
NUKTOS AGALMA »

(Ezra Pound, Mauberley)

Parfois, des années plus tard, on se rappelle d’une nuit où on a pleuré sur un quai de gare ou d’un chemin dans le sable, avec l’océan au bout, où l’on s’est senti heureux. On retrouve l’odeur des rails ou l’odeur du caillebotis, on retrouve le ciel nocturne ou, passée par-dessus la dune, l’haleine fraîche de la mer, mais l’on ne se souvient plus de qui faisait notre bonheur ou nous avait fait pleurer.

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Diacritik publie un long entretien d’Amaury da Cunha avec Frank Smith à l’occasion de la parution de son Fonctions Bartleby, Brefs traités d’investigations poétiques, qui vient de paraître aux éditions Le Feu sacré. Il y est question de poésie, du rapport du langage au réel et au monde, d’archives, d’un regard qui fait image et sens.