Paru ces jours-ci sous la généreuse et vive direction de Dorian Astor, le Dictionnaire Nietzsche s’impose déjà comme un splendide outil de travail pour les nietzschéens et une magnifique relance de tous les questionnements soulevés par le philosophe du Gai Savoir. Réunissant plus de trente spécialistes français et internationaux, plus de 400 entrées retracent le parcours intellectuel, biographique et conceptuel de l’homme de Zarathoustra. En voici quelques bonnes feuilles traitant notamment des Fragments posthumes, de Gênes, Heidegger, la notion de « valeur » et Wagner que Diacritik publie en exclusivité.

Marc Allégret, André Gide (1920)

C’est à la fois une consécration et peut-être la pire chose qui puisse arriver à un auteur : se retrouver au programme du baccalauréat. C’est presque plus encombrant encore que la symbolique du prix Nobel qui n’a pas fini de l’accabler, ce pauvre Gide. Des élèves – des élèves de la filière littéraire ! – vont se pencher sur ses œuvres, les disséquer, les étudier les maltraiter, les « incomprendre ». S’il ne s’agissait que de leur être injuste, de les trahir, de les dévoyer, passerait encore. Ce serait même certainement ce qu’il faut leur imposer : la seule postérité qui vaille, celle qui échappe à la muséification de la pensée. Mais, forcément, il y aura aussi du polissage, du recadrage, de l’abrasion, du blanchiment – de la récupération bienpensante universitaire et institutionnelle. Et là, bien-sur, ça sera douloureux. Ou amusant.