Gilles Deleuze (DR)Je ne comprends pas le travail de Gilles Deleuze en détail. J’ose peu m’aventurer dans les ouvrages de philosophie, car je sais que mes connaissances en cette discipline comportent d’importantes lacunes, et que donc, je ne comprends pas tout lorsque j’en lis. Bref, tant que je n’aurai pas fait l’effort de rompre cette circularité (d’en faire une ligne ouverte), je risque d’en rester à cette situation tautologique avec la philosophie : parce que je lis peu de philosophie, je lis peu de philosophie. Néanmoins, parce qu’il y a L’Abécédaire, que j’ai beaucoup regardé, et que mes études d’histoire de l’art contemporain m’ont donné l’occasion de lire quelques textes de Gilles Deleuze (un peu de Mille Plateaux, un peu du Pli, un peu de L’Image-mouvement — ou, à une autre période Pourparlers), il m’arrive de me servir de concepts ou d’articulations de concepts que j’ai attrapés chez lui. L’Abécédaire a beaucoup fait, certainement, pour que Deleuze soit une référence fréquente chez les étudiants en histoire de l’art contemporain ou en arts plastiques au début des années 2000 (la période où je l’étais), et que ceux-ci utilisent assez fréquemment des petits morceaux de pensée deleuzienne, éventuellement à tort et à travers, attrapés là, sous cette forme orale et filmée, sans avoir à affronter la difficulté des livres pour en prendre connaissance.