Le journaliste Les Français peints par eux-mêmes
Le journaliste, Les Français peints par eux-mêmes

Tout commence par un Avertissement, ce qu’est d’une certaine manière l’ensemble du Monde libre d’Aude Lancelin : une mise en garde adressée à une presse toujours plus muselée — par le poids des annonceurs sur le contenu éditorial, par les financiers qui possèdent les principaux titres, par la pusillanimité de quelques directeurs de publication et autres rédacteurs en chef aux ordres, par un pouvoir politique qui s’immisce lui aussi dans les colonnes du supposé quatrième pouvoir. L’avertissement est d’abord ici de ceux qui précèdent parfois les fictions : expliciter que cette fable et « les personnages » qui la composent sont bien réels, qu’il « n’est pas une phrase, pas un fait qui ait en quoi que ce soit été inventé ou même déformé ». Tout part d’une expérience, douloureuse, celle d’Aude Lancelin, directrice adjointe du Nouvel Observateur avant son licenciement en mai 2016 : « je fus acculée, puis liquidée ». C’est à partir de cette fin que le livre est écrit, mais il est moins un témoignage, ou pire une justification, qu’une charge contre les dérives du système médiatique français, il est une expérience ressaisie en signe.

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Cela fait longtemps que chaque année, je me livre au même rituel : un peu avant la fin de l’an en passe de s’achever, je commence une chronique que je finirai après les libations obligées. Puis, une fois Noël, le Nouvel An, la galette des rois digérés et avant que les fêtes chrétiennes et païennes ou mises à la mode par les professionnels du consumérisme ne déboulent au risque de m’inspirer un nouveau billet sur l’influence de la Pâque sur la politique agricole française, je clos l’exercice en assurant que je ne présenterai pas mes vœux, dans un accès de misanthropie qui doit moins à une posture de chroniqueur qu’au visionnage annuel du zapping de l’année de Canal+.