Hier soir, lors du débat télévisé de l’entre-deux tours, Le Pen a été mauvaise – très mauvaise, épouvantablement mauvaise. Cela n’a été une nouvelle pour personne : nous le savions déjà tous. Menteuse, imprécise, réfugiée derrière des dossiers de couleurs (conseillée par l’accessoiriste d’Hélène et les garçons ou de Vivement Lundi !), Le Pen a prouvé une fois de plus combien elle répondait d’une France du fantasme et de la tautologie.

Mai 2017, la démocratie est malmenée par la politique politicienne. La démocratie, ce concept vieillot que l’on piétine allègrement depuis des mois et des années sans que personne ne trouve à y redire. La démocratie, ce bien commun que l’on devrait chérir et protéger plutôt que le maltraiter est aujourd’hui la première victime du débat public. Au premier rang des agresseurs : les mots. Ceux du Front National, de ses soutiens et de sa candidate présente au second tour de l’élection présidentielle.

Ce soir, 5 avril 2017, l’émission Le téléphone sonne, sur France Inter, s’interrogeait sur la place de la culture dans la campagne présidentielle, avec une question en guise de titre : « La culture, grande absente de cette campagne présidentielle ? » Je ne parlerai que d’un point, mais d’un point majeur, comme l’ont admis les trois invités de l’émission : l’éducation artistique. L’importance de la chose fait tellement consensus qu’il importe peu de préciser qui, de Jean-Jacques Aillagon, Patrick Bloche et Hervé Gaymard, soutient quel candidat.