Luke en rêvait, à la toute fin de La belle vie, « la ville pourrait servir de décor à une future rencontre avec Corrine ». Ce roman potentiel, déjà amorcé dans une nouvelle de Moi tout craché, Jay McInerney l’offre enfin à ses lecteurs avec Les Jours enfuis, qui paraît aujourd’hui en France dans une traduction de Marc Amfreville.

 

Jay McInerney

En 1992, Jay McInerney, déjà auteur du sensationnel Bright Lights, Big City (1984), publie Brightness Falls qui paraît l’année suivante en France, sous le titre Trente ans et des poussières. Ainsi s’ouvrait un cycle romanesque autour d’un couple incarnant à la fois un lieu (New York) et un moment (les eighties), Russell et Corrine Calloway que l’écrivain ne parviendra jamais vraiment à abandonner.
Saga romanesque à la manière d’une comédie humaine américaine, cycle en saisons et épisodes comme les meilleures séries télé, l’histoire des Calloway a doublé et accompagné nos existences, comme les mutations sociales, artistiques et politiques de ces dernières décennies.
Alors que paraît aujourd’hui le dernier volume en date, Les Jours enfuis, arrêt sur le tome (ou saison) 1 : les années 80 avec Trente ans et des poussières, qui ressort justement en poche, chez Points.

NY © Christine Marcandier
NY © Christine Marcandier

New York Esquisses nocturnes est le premier roman de Molly Prentiss, sorti en avril 2016 aux États-Unis, paru en août en France, dans une très belle traduction de Nathalie Bru. Le récit est construit autour de trois personnages principaux, quatre si l’on considère que New York en est même la figure principale, faisant graviter autour de cette trame une galerie de protagonistes incarnant le monde de l’art dans les années 80, soit une décennie de transition entre une forme de liberté folle et les débuts d’un capitalisme forcené.