Eric Baudelaire © Jean-Philippe Cazier

Du 6 au 18 septembre, le Centre Pompidou propose « Après », une exposition in progress d’Eric Baudelaire. Le projet de cette exposition trouve son origine dans les attentats qui en novembre 2015 ont frappé Paris et Saint-Denis. « Après » interroge moins ces attentats que ce qui se passe « après », en posant les questions : comment en parler ? comment en rendre compte ? comment s’en souvenir ?

Jean-Luc Godard

Si les connexions entre poésie contemporaine et cinéma apparaissent d’emblée dans la réappropriation du cinéma en tant que sujet, thématique, figures, par le texte poétique, et en particulier dans les références filmiques très présentes qui entrent dans la composition des textes poétiques, le réinvestissement des pratiques cinématographiques dans le poème reste un axe des plus intéressants de convergences, d’influences, de porosité entre les deux domaines. La confrontation du texte poétique avec les outils techniques de l’écriture cinématographique sera ainsi l’axe privilégié dans cette première approche de la question « poésie contemporaine et cinéma », sous l’angle de leurs interférences et de leurs connexions.

Philippe Artières
Philippe Artières

L’œuvre de Philippe Artières s’élabore à la croisée des sciences humaines et de la littérature, pour saisir l’ordinaire des existences anonymes, le bruit ténu des pratiques quotidiennes, à travers documents et archives : affiches, enseignes lumineuses, publicités et banderoles sont le territoire de cet auteur qui a fait de la notation et des graphies ordinaires son territoire.

« Nous avons la sensation qu’une limite a été atteinte », écrit John Jefferson Selve, en ouverture du numéro V de Possession immédiate. Le constat est à la fois politique et linguistique, il est celui d’une tentative de dépossession, de mots vidés de leur sens, aplatis, ternis par leur usage politique ou médiatique — ainsi « courage » et résistance » devenus des « identifiants idéologiques propres au pouvoir ».
Balzac l’écrivait dans Illusions perdues, « il est des mots qui, semblables aux trompettes, aux cymbales, à la grosse caisse des saltimbanques, attirent toujours le public. Les mots beauté, gloire, poésie ont des sortilèges qui séduisent les esprits les plus grossiers ». Depuis, Amour, gloire et beauté ont eu la carrière que l’on sait ; depuis, les émotions collectives se disent via des slogans identifiant un moment à un nom, un impensable à son expression la plus basique… Je suis (complétez selon le drame).
Lorsque le numéro V de Possession immédiate se préparait, aux lendemains des attentats de novembre, il fallait ainsi se détacher de deux mots évidés, « courage » et « résistance » — « un mode de vie, nous disait-on, ça s’affichait à la une des journaux : continuer de fréquenter les terrasses plutôt que de réfléchir et de s’interroger ». Leur préférer alors deux adjectifs, comme une action indissociable : « intrépide et réfractaire ». C’est autour d’eux que s’est construit le numéro V de Possession immédiate, comme nous le rappelle son fondateur et rédacteur en chef, John Jefferson Selve, dans le grand entretien qu’il a accordé à Diacritik.

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Diacritik publie un long entretien d’Amaury da Cunha avec Frank Smith à l’occasion de la parution de son Fonctions Bartleby, Brefs traités d’investigations poétiques, qui vient de paraître aux éditions Le Feu sacré. Il y est question de poésie, du rapport du langage au réel et au monde, d’archives, d’un regard qui fait image et sens.