Il s’agit de mouvements : crever, percer, déplacer, déplacements. Les mouvements sont subis ou agis, collectifs ou singuliers – le singulier et le collectif, ici, ne se distinguant pas vraiment. Il s’agit d’action et de passion, d’affects et de politique, et de soi comme des autres. Il s’agit d’un mouvement général : effacer les frontières, les percer, les déplacer, les déborder.

Emmanuel Ruben

Tous les déplacements ne sont pas des métaphores mais des vies sacrifiées, perdues ou retrouvées à la faveur d’exils. Telle serait peut-être la loi secrète qui préside à un questionnement sur la cité qui pourrait privilégier ici la question des peuples manquant à eux-mêmes, des hommes perdus hors de leurs pays et des hommes en errance pour un monde autre qui décide de contrevenir à la tyrannie et de fuir à toute force l’oppression. Arrivée dans le pays autre, la langue glisse, elle devient la traduction oubliée d’un renouveau sinon d’une renaissance : le déplacement devient celui d’une écriture qui glisse vers un devenir œuvre où l’exil deviendra le lieu atopique d’un monde recommencé depuis une déchirure irréconciliée. Exils, exodes et déplacements se donnent comme les interrogations qui traverseront la seconde et riche demi-journée de ce vendredi ces 11e enjeux du Contemporain.