Après Ce texte et autres textes (Al Dante, 2015), Jean-Philippe Cazier interroge la possibilité même de l’écriture dans L’La phrase. L’. Acteur de la dépossession, le titre L’La phrase. L’, en sa subversion du prononçable, en son bégaiement créateur, traduit une écriture par le milieu, sans début ni fin, et ouvre un questionnement sur les puissances nomades, disruptives de la langue.

L’histoire du concept de déconstruction – en philosophie et au-delà de la philosophie – est longue et complexe. Mais c’est ici au sens spécifique donné à ce mot par le philosophe français Jacques Derrida que je veux exclusivement référer afin de réhabiliter l’ampleur et la subtilité de ce geste aujourd’hui souvent décrié, essentiellement d’ailleurs par ceux qui ne le connaissent pas. L’amour, qui traverse cette démarche de part en part, semble-t-il, inquiète. Et parce que Derrida a toujours pensé et écrit dans une chronologie décalée, c’est maintenant plus que jamais, alors que notre temps radicalisé est comme allergique à toute forme de subtilité et de nuance, qu’il faut le lire et l’affronter.

Armen Avanessian
Armen Avanessian

Le 3 novembre prochain aura lieu au Centre Pompidou à 19h, en partenariat avec Diacritik, une conversation entre le philosophe Armen Avanessian et le théoricien de la littérature Lionel Ruffel, animée par Jean-Max Colard et Johan Faerber dans la Petite Salle sur la question du « post-contemporain » et sur ce que recouvre ce terme qui entend refonder notre rapport au temps, au futur et au présent. En préambule à cette rencontre qui sera retransmise en livestreaming sur notre site, Diacritik publie aujourd’hui, présentée par Lionel Ruffel, l’introduction à The Time-Complex. Postcontemporary, texte majeur co-écrit avec le théoricien de l’art Suhail Malik et traduit de l’anglais par Johan Faerber.

Jean-Luc Nancy (DR)
Jean-Luc Nancy (DR)

Il y a plus d’une manière d’être immortel. On peut l’être à la façon des dieux, par insensibilité au temps. On peut l’être à la façon d’Achille, choisissant la gloire resplendissante plutôt qu’une longue vie en retrait. On peut l’être à la façon des académiciens, portés par la reconnaissance institutionnelle. On peut l’être à la façon des vampires, en se nourrissant du sang frais de ses proies.

On découvre le mot déconstruction dans le dictionnaire bien avant son usage par Derrida, fort heureusement. Et il est incontestable qu’on en trouve mention chez Husserl autant que chez Heidegger. Mais que le mot existe, qu’il faille se mesurer à la définition qu’on pourra en rencontrer même dans le Littré, cela n’a rien d’extraordinaire en soi, cela ne fait pas un scoop.

Jacques Derrida
Jacques Derrida

A l’occasion de la parution de De la vérité dans les sciences, un entretien multiple avec Aurélien Barrau où il est question autant de philosophie ou d’art, que de physique, de poésie et d’art, de Jacques Derrida, de Feyerabend et Karl Popper, de sociologie et des sciences humaines, de politique, des univers multiples, ou encore de Nietzsche, d’anarchie, de créationnisme, et bien sûr de la question de la vérité.

 Jean-Clet Martin (DR)

Jean-Clet Martin (DR)

Le siècle deleuzien de Jean-Clet Martin, n’est pas un livre sur Deleuze mais avec Deleuze. Loin de s’enfermer dans l’exercice d’un commentaire fort peu deleuzien, de vouloir expliquer Deleuze, de le réciter selon une approche très scolaire ou de le rabattre sur des questions et problèmes que son œuvre a précisément contribué à vider de leur sens, Le siècle deleuzien propose une pensée avec Deleuze, pensée qui ne peut ainsi qu’être originale, nouvelle – puisqu’il s’agit avant tout de créer.

Ce livre fait de Gilles Deleuze l’opérateur d’une constellation traversée de thèmes, d’idées, de forces étranges, de rapports aux animaux ou aux machines mais aussi à d’autres philosophes comme Sartre ou Derrida – constellation qui dessine les points et trajectoires d’un autre monde dans le monde, d’un autre siècle dans le siècle. Il s’agit donc aussi de penser la possibilité d’autres possibles du monde, d’autres possibles de l’histoire, d’autres possibles du futur.