Le cinéphile porte en lui une malédiction : il est condamné à ne jamais être cru. On va lui demander son avis, pour surtout ne jamais le respecter. On vous demande qu’y-a-t-il-à-voir-au-cinéma-en-ce-moment, et on sait que c’est foutu parce que la plupart du temps, on n’apporte pas la bonne réponse. Par exemple, si au milieu du mois d’août on me demande ce qu’il faut voir, je vais répondre : Une femme douce. Jusqu’ici, tout va bien. Sauf que l’on se méfie de vous. « Et ça raconte quoi ? » Et là, vous savez que la partie est perdue.

Alors que la sélection du festival de Cannes vient de tomber, on peut déjà être sûr d’une chose : la sélection est décevante, incomparablement moins bonne que la précédente. Comment puis-je le savoir ? Parce que chaque année, les mêmes journalistes répètent exactement la même leçon : « cette année, c’est moins bien que l’année dernière ».