A fendre le cœur le plus dur, écrit par Jérôme Ferrari et Oliver Rohe, porte sur un ensemble de photographies prises par l’écrivain et journaliste Gaston Chérau en 1911, dans la Tripolitaine, en Libye, alors occupée par l’armée italienne et où Chérau est envoyé par le journal français Le Matin. A l’occasion de la publication en poche du livre, en Babel (Actes Sud), retour sur A fendre le cœur le plus dur, via un entretien avec les deux auteurs réalisé lors de la sortie du texte en grand format (Inculte).

Jean Echenoz © D. Bry & Ch. Marcandier
Jean Echenoz © D. Bry & Ch. Marcandier

Jean Echenoz avait articulé ses derniers livres autour de vies de personnages réels (Ravel, Courir, Des éclairs), d’un événement historique (14) et d’une fantaisie piétonnière (Caprice de la reine), le voici de retour au récit pur avec Envoyée spéciale, de retour à l’action, entre trame policière et excursion vers l’espionnage, dans un roman capricant qui tient de la fugue, dans tous les sens du terme.
Envoyée spéciale ou les Caprices d’un roi du récit, en quelque sorte, qui s’amuse et amuse son lecteur, avec une fantaisie (faussement) désinvolte, relecture sous forme de clins d’œil de tout ce qui tisse et compose son univers littéraire : le noir, les grandes blondes, l’occupation des sols de Paris à la Corée du Nord ou au Zimbabwe, en passant par la Creuse, le désir du romanesque aussi, qui tend le récit et travaille le plaisir du texte, la machine littérature.