La cause animale a envahi nos vies. Les mots veganisme, flexitarisme, spécisme et antispécisme sont entrés dans le vocabulaire courant. Des magazines ont été créés (Slowly Veggie, Esprit Veggie, etc.). Les vidéos de PETA et L214 ouvrent nos yeux sur les conditions d’élevage et abattage. Il n’est jusqu’aux rayons de librairies qui sont investis par des essais, fictions, bandes dessinées remettant en cause nos idées reçues, nos habitudes alimentaires et la place des « animaux-machines » dans nos cultures comme dans nos assiettes… L’homme est-il nécessairement carnivore ? Faut-il manger les animaux ? Comme l’énonce le titre du dernier livre de Martin Page, les animaux ne sont pas (forcément) comestibles.
Diacritik consacre une série d’articles à une tendance qui est tout sauf un phénomène mais la mise en lumière d’une chaîne alimentaire totalement folle comme, plus largement encore, une interrogation philosophique, éthique et pratique, et sur un plan plus strictement littéraire, la contestation d’une hiérarchie des formes comme des espèces.

L’œuvre de Thierry Hesse, du Cimetière américain (2003) au Roman impossible qui vient de paraître aux éditions de l’Olivier, interroge inlassablement notre rapport au réel et à l’Histoire mais aussi la fiction dans son pouvoir à dire les forces et hantises, collectives comme intimes, qui les et nous traversent, au point de rendre, peut-être tout roman impossible.

Xavier Boissel est né en 1967 à Lille, il a collaboré à de nombreux collectifs Inculte (Face à Sebald, Face à Lamarche-Vadel). Il a publié l’essai Paris est un leurre (Inculte, 2012) et un premier roman en 2013, Autopsie des ombres, chez le même éditeur, prix Thyde Monnier de la Société des Gens de Lettres. Puis Rivières de la nuit, en 2015, chez Inculte, toujours. Cartographie d’un univers littéraire majeur.