Jules Vallès refait surface à la faveur de la publication d’inédits par les éditions Du Lérot : deux manuscrits inachevés, retrouvés dans ses archives à la Bibliothèque nationale. La presse en rend compte car sans jamais avoir été un écrivain « légitime », Vallès ne peut passer inaperçu. Les présentations de ces inédits sont contrastées.

« Quand les choses vont mal dans mon pays, cela va encore plus mal pour les Noirs » (James Baldwin)

Ces dernières années, James Baldwin a été redécouvert, via la réédition de ses livres ou des adaptations cinématographiques, comme A la place du cœur de Robert Guédiguian (1988), assez librement adapté au contexte marseillais, ou plus récemment le film de Barry Jenkins, If Beale Street Could Talk. Avec Baldwin et désormais Jenkins, Beale Street devient le lieu urbain symbolique de toutes les discriminations et injustices à l’encontre des Noirs américains.

Le mois de mars est le mois des poètes, du moins celui où l’on revient vers eux à la faveur de diverses manifestations. La Maison de la poésie offre une rencontre avec René de Ceccatty, le 12 mars à 19h, consacrée au poète Jean Sénac dont les Œuvres poétiques, éditées par Actes Sud en 1999, viennent d’être rééditées en ce début 2019.

« Je suis une personne ordinaire qui s’est retrouvée embarquée dans une aventure extraordinaire. En partageant mon histoire, j’espère ouvrir la voie à d’autres histoires et à d’autres voix, élargir la voie pour permettre à d’autres de comprendre qu’ils ont leur place dans ce pays ».

L’une des publications les plus remarquées fin 2018 a été l’ouvrage de Michelle Obama, Becoming, traduit en français sous le titre, Devenir.

« L’Histoire américaine qui était la mienne n’était pas un récit triomphal, mais une monumentale tragédie. (…) Être noir en Amérique c’était être victime d’un pillage. Être blanc c’était tirer profit de ce pillage, et parfois, y prendre part directement. (…) Le racisme c’était du banditisme pur et simple. Et le banditisme pour l’Amérique, n’était pas accidentel : il lui était indispensable » (163).

L’ouvrage de Ta-Nehisi Coates, We were eight years in Power : An American Tragedy (2017), vient d’être traduit en français sous le titre Huit ans au pouvoir. Une tragédie américaine, par la prestigieuse maison d’édition Présence Africaine.

Peut-on réfléchir à « l’avancée de l’Afrique », en précisant chaque fois de quel pays on parle, sans la lier étroitement à l’avancée de la France ? Fatou Diome pose, en écrivaine et en militante, les mêmes questions que celles qu’avance Achille Mbembe, dans son récent essai, Politiques de l’inimitié : « Au vu de tout ce qui se passe, l’Autre peut-il encore être tenu pour mon semblable ? Rendus aux extrémités, comme c’est le cas pour nous ici et maintenant, à quoi, précisément, tiennent mon humanité et celle d’autrui ? La charge de l’Autre étant devenue si écrasante, ne vaudrait-il pas mieux que ma vie ne soit plus liée à sa présence, tout autant que la sienne à la mienne ? […] Si, en définitive, l’humanité n’existe que pour autant qu’elle est au monde et est du monde, comment fonder une relation avec les autres basée sur la reconnaissance réciproque de nos communes vulnérabilité et finitude ? »

La collection « Libre cours » aux Presses universitaires de Vincennes a édité plusieurs titres. Destinée en priorité aux étudiants par sa facture (synthèse sur des questions, des auteurs, des problématiques) et son prix, elle veut aussi offrir à un « public curieux et cultivé, un état du savoir actuel sur des questions essentielles dans diverses disciplines ». Un de ses derniers titres est l’ouvrage incitatif de Violaine Houdart-Merot, La création littéraire à l’Université, l’occasion d’un grand entretien avec son auteure.

L’Algérie fut à la une… pour le meilleur et pour le pire… après octobre 1988 et l’arrêt du processus électoral de janvier 1992. Vivant alors une nouvelle rupture tragique, cette ancienne colonie, présente, même dans l’invisibilité, dans la vie et la mémoire de nombre de Français, entamait la traversée d’années noires. C’est justement à ces années que se mesure Tristan Leperlier dans son ouvrage récent, Algérie, les écrivains de la décennie noire, aux éd. du CNRS. Libre échange entre une lecture et un auteur.

Benaouda Lebdaï, professeur émérite de l’Université du Mans, spécialiste des littératures africaines coloniales et postcoloniales, a répondu à quelques-unes de nos questions à propos de Winnie Mandela, femme hors normes, icône et figure controversée, à l’occasion de la parution de son livre, Winnie Mandela. Le mythe et la réalité chez Casbah éditions.

Connu dans les milieux algérois dès la publication de son premier recueil, Argo (1983) puis le roman Baya en 1988 (réédité en novembre 2018 aux éditions Bleu Autour), Aziz Chouaki est certainement l’écrivain algérien le plus inclassable. Sa pièce la plus récente, Nénesse (2017, éd. Les Cygnes), brocarde âprement homophobie, racisme et antisémitisme, farce tragique de notre monde contemporain. Il a aussi écrit deux pièces qui touchent à des actualités brûlantes : les migrants et les soldats coloniaux de la Grande Guerre.

Du 26 au 28 septembre dernier se tenait à Orléans le premier Parlement des écrivaines francophones, à l’initiative de l’écrivaine tunisienne Fawzia Zouari. L’événement a rassemblé une centaine d’écrivaines venues du monde entier. Entretien avec Evelyne Trouillot, dont nous publions le texte intégral de son intervention lors de la plénière.

Deux romancières publient en cette rentrée, chez l’éditeur algérois bien connu, Barzakh des romans tout à fait différents. Amira-Géhanne Khalfallah livre son premier roman, Le Naufrage de La Lune ; Maïssa Bey, écrivain connue et reconnue, sa onzième fiction, Nulle autre voix. Deux fictions en langue française qui ne se ressemblent en aucune façon et manifestent ainsi la diversité du roman algérien et plus spécifiquement, de l’écriture des femmes. Signalons que toutes deux seront à l’honneur au 18è Salon international du livre d’Alger fin octobre-début novembre.