Peter Handke

Je le dis d’emblée, je ne suis pas un grand connaisseur de Peter Handke et de son œuvre immense, j’espère qu’on me pardonnera les lacunes que je n’aurai plus le temps de combler dans cette vie et qui vont se faire ressentir dans cet article. En plus, on me tend un piège par ce petit essai de circonstance presque – il faut s’en méfier d’autant plus pour l’apprécier à sa juste valeur. En tentant une lecture de cet essai, un peu par biais, je voudrais en même temps lever un peu les couches pesantes qui se sont mises progressivement d’abord sur l’auteur, puis sur son œuvre, au fil des affaires autour de sa tentative de sauvetage de la Serbie, égarement politique, impardonnable et inexcusable, imprégné de la nostalgie yougoslave.

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Toute collection éditoriale entre en prise directe sur son temps. Ce qui suppose sans doute la découverte d’écritures singulières qui actent une direction inédite, une manière de s’orienter dans la pensée selon des chemins inexplorés. Ce sont des auteurs rares, indécelables par celui qui cherche à coller aux truismes du moment. Parfois jeunes, dans l’ordre d’une première signature, d’autres fois plus vieux, dans l’insistance d’une œuvre qui passe inaperçue, d’une obstination dont on ne fait pas cas, mais dont l’insistance appelle néanmoins la question : qu’est-ce qui pousse à l’écriture de tant de livres, que veut-il celui qui aura tracé une telle ligne, avec une régularité si forte, ne demandant nulle reconnaissance, n’écrivant pour aucun prix souhaité, aucune rémunération assurée ?