Le roman d’Amelia Gray, Menaces, peut être présenté comme une intrigue policière. Quelqu’un est mort dans des conditions suspectes, et il s’agit de déterminer ce qui a eu lieu, de connaître les circonstances de la mort et ses causes. Quelque chose est arrivé et ce qui est arrivé est l’objet d’une enquête ayant pour finalité l’élucidation qui expliquerait et donnerait du sens. Or, le livre s’engage moins dans l’éclaircissement de la chose, du fait, que dans les méandres d’un monde mental producteur d’une errance, d’une obscurité, d’un dédale dans lequel se perdre.

« La littérature ment comme un arracheur de dents », écrit Maxime Decout dans les premières pages de ce nouvel essai au style enlevé, souvent facétieux. Narrateur à son tour, Decout nous entraîne là dans une vaste réflexion sur une littérature bien particulière des xxe et xxie siècles : celle qui bluffe, qui triche et qui feint, celle qui parfois ment franchement – tout un jeu de dissimulation rassemblé sous le terme d’imposture.