A partir de l’observation des manifestations publiques d’Antonin Artaud en 1946-1947, de l’irruption en ces mêmes années du mouvement lettriste à Saint-Germain-des-Prés, de l’arrivée de la Beat Generation à la fin des années 1950, du festival Fluxus et des différents événements organisés par Jean-Jacques Lebel, Jean-Clarence Lambert et Henri Chopin durant les années 1960, Proféractions !, que vient de publier Cristina De Simone, propose une histoire de ces pratiques qui, à Paris, entre 1946 et 1969, ont lié poésie et performance et fait de l’oralité leur champ d’investigation principal. Deuxième partie de l’entretien mené par Emmanuèle Jawad avec l’auteure.

À partir de l’observation des manifestations publiques d’Antonin Artaud en 1946-1947, de l’irruption en ces mêmes années du mouvement lettriste à Saint-Germain-des-Prés, de l’arrivée de la Beat Generation à la fin des années 1950, du festival Fluxus et des différents événements organisés par Jean-Jacques Lebel, Jean-Clarence Lambert et Henri Chopin durant les années 1960, Proféractions !, que vient de publier Cristina De Simone, propose une histoire de ces pratiques qui, à Paris, entre 1946 et 1969, ont lié poésie et performance et fait de l’oralité leur champ d’investigation principal. Premier entretien d’une série de trois avec l’auteure.

Horses, sorti en 1975, est le premier album studio de Patti Smith. En consacrant un livre à celui-ci, Véronique Bergen célèbre ce que cet album contient et signifie : un événement de la culture rock mais aussi la révolte, la volonté de rupture, l’exaltation de la poésie, de l’art, la tension vers un dépassement des limites de l’époque, une libération dans tous les domaines de l’existence.

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Ça n’a pas beaucoup de sens d’écrire sur Damien Saez. L’exégèse savante serait ridicule, le déchiffrement poétique inutile, la relance politique impossible, la paraphrase précieuse vulgaire.
Que faire alors ? Poser quelques jalons pour ne dire qu’une chose : écoutons-le, lui, le poète anarchiste qui travaille le réel aux mots et invente le monde aux sons. Ecoutons-le dans ses à-corps incarnés.

Gilles Deleuze (DR)
Gilles Deleuze (DR)

Deleuze ironiste ? Deleuze éducateur ? Il faut commencer par camper le décor qui vit surgir ce personnage équivoque. Imaginons Bruxelles au tournant des années 1980. A la fin de la décennie, l’atmosphère du campus de l’Université – de l’Univers et de la Cité – aura changé du tout au tout. Remise en ordre et au pas des esprits et des apparences : coupés, les longs cheveux en bataille et les barbes hirsutes ; remisés, les vêtements aux couleurs vives et les foulards bariolés – ce sera désormais le règne uniforme de la monochromie, des coupes sévères, des épaulettes démultipliant la carrure des filles non moins que des garçons.