Jean-Luc Godard sur le tournage d’Adieu au langage

À plusieurs reprises, Godard nous dit que la lettre A par laquelle démarre sa bibliothèque veut dire Allemagne, que la France et les autres viennent après. C’est l’Allemagne dont il dit connaître le mieux la culture parmi les autres voisins de la France, d’où cette place éminente qui ne se justifie pas seulement par la première lettre de l’alphabet. Dans son Autoportrait de décembre, nous apprenons que cela fait deux rangées, mais on ne sait pas s’il est encore question de livres ou bien plutôt de cassettes vidéo, de DVD, car ce sont les contrôleurs du CNC qui nous en informent.

Que reste-t-il de la cinéphilie, à l’heure où paraît le quatrième volume des écrits réunis de celui qui a longtemps incarné le cinéphile par excellence : Serge Daney – décédé il y a vingt-trois ans ? Quelles sont ses lignes de force et ses lignes de partage, ses acteurs et ses théories, ses lieux et ses engouements ? Telle est la question que la revue Segnocinema, équivalent des Cahiers du cinéma, a posé à Laurent de Sutter à l’occasion de son numéro de novembre. Il y a répondu avec le texte ci-dessous, dont nous présentons la version originale française.

Du 11 au 22 novembre se déroulera la sixième édition du festival littéraire Paris en toutes Lettres. L’originalité de ce festival est son travail sur une hybridation des genres littéraires comme des formes artistiques et un écho entre la ville de Paris, sa géographie et la vie littéraire. Le festival essaime dans toute la ville, investissant des lieux du livre (La Maison de la poésie, des musées, théâtre, bibliothèques) comme d’autres plus inattendus (les tours de Notre-Dame).