Capture d’écran 2016-03-20 à 16.43.57

Après six romans, un Pulitzer et un Pen-Faulkner Award, Michael Cunningham a surpris en publiant un recueil de contes, Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants et puisEt puis le pire arrive, mais aussi la littérature qui, toujours, s’articule sur l’adversatif.
Diacritik avait rencontré l’écrivain au Salon du livre lors de la parution du recueil en grand format chez Belfond. Flashback, alors que paraît le volume en poche chez 10/18.

Jonathan Galassi
Jonathan Galassi

Il y a, sans conteste, une forme d’inconscience ou de défi à publier un premier roman quand on dirige l’une des maisons d’édition les plus réputées du monde. C’est pourtant ce que vient de faire Jonathan Galassi, président de Farrar, Straus and Giroux, avec Muse qui paraît en France, chez Fayard, traduit par Anne Damour, Muse ou la peinture acide d’un monde éditorial en pleine mutation et un hymne à la poésie, à la puissance de la littérature.
Diacritik a rencontré Jonathan Galassi lors de sa venue à Paris, en juin dernier, l’occasion d’évoquer avec lui les raisons pour lesquelles l’éditeur, poète et traducteur qu’il est s’est soudain tourné vers le roman mais aussi de l’interroger sur le présent et l’avenir de l’édition.

Jane Smiley avouait récemment, lors d’une table ronde au Festival America, être « obsédée » par ses personnages, « pas parce que je les aime ou pas, mais parce qu’ils sont complexes ». Dans ses romans, c’est à travers eux que se figure et s’incarne l’Histoire, « pas dans son intégralité mais de manière fragmentaire ». Ils sont la pierre de touche de la trilogie Un siècle américain dont paraît le premier volume, Nos premiers jours, chez Rivages, dans une remarquable traduction de Carine Chichereau.

Capture d’écran 2016-03-20 à 16.43.57

Rencontre avec Michael Cunningham dans un des petits salons mis à disposition de la presse à Livre Paris, le 20 mars dernier : l’écrivain américain, après six romans, un Pulitzer et un Pen-Faulkner Award, surprend en publiant un recueil de contes, Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants et puisEt puis le pire arrive, mais aussi la littérature qui, toujours, s’articule sur l’adversatif.

Capture d’écran 2016-02-22 à 09.29.56« Nous n’avions notre place nulle part, lui disait-il, aucun endroit sur terre ne voulait de nous » : cette phrase d’un Dernier refuge avant la nuit de Gwen Edelman (2002 dans sa traduction française) pourrait presque dire son second roman, Le train pour Varsovie qui vient de paraître chez Belfond : quarante ans après, deux survivants du ghetto de Varsovie reviennent sur les lieux qui ont vu leur vie basculer. Jascha et Lilka vivent désormais à Londres, lui est un écrivain célèbre, il a été invité à faire une lecture à Varsovie et Lilka a fini par le convaincre de s’y rendre, dans l’espoir qu’il leur soit possible de revenir en arrière et de mettre fin à une vie d’exil tout autant intérieur que géographique.