Une fois par mois depuis mars 2016 et pour six séances, le Reflet Médicis accueille l’association Cinewax et son cycle documentaire Baatou Africa. La programmation met en avant les cinémas africains encore peu distribués dans les salles (encore moins s’agissant du documentaire), tout en mettant en relief leur diversité. Chaque séance s’inscrit dans une problématique telle que la jeunesse, l’oralité, le conte et la transmission, les diasporas ou les visions de femmes. Rencontre et entretien avec Marie-France Aubert qui met en lumière ces films au travers de sa programmation.

En 1993, Robert Doisneau acceptait de recevoir Eden’Art chez lui, à Montrouge, pour un long entretien ponctué de son rire et de sa gentillesse. Il avait même accepté de se laisser tirer le portrait, une photo dont le négatif a disparu, reproduite ici avec le grain du papier. Cet entretien date d’une époque qui était encore celle de l’argentique…

Robert Doisneau © Christine Marcandier
Robert Doisneau © Christine Marcandier

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Un œil est filmé en gros plan et l’œil devient l’écran entier.

L’œil filmé a les couleurs bleues de l’œil et se recouvre de reflets, diffracte la lumière qui à sa surface se reflète.

L’œil devient un miroir moins pour ce qui est vu que pour ce qui dans le visible n’est pas vu : un croisement désordonné de lignes, des bifurcations du visible, les tracés divergents de la lumière, de la couleur, du monde.

L’œil ainsi filmé est l’œil de la cinéaste et de la caméra.

Le checkpoint, nœud central dans Redacted
Le checkpoint, nœud central dans Redacted

L’histoire du cinéma ne se confond pas avec celle des images. L’histoire du cinéma, ce serait peut-être toujours l’histoire d’une image absente, d’une image manquante, d’une image négative, d’une image qu’on ne voit pas, d’une image qui fait défaut, d’une image à la fois absolue (sur-visible) et ultime (qui annulera toutes les autres) qui aurait valeur de totalité, qui serait en somme la clef du visible. Partant d’une telle proposition, l’histoire du cinéma se tiendrait dans un incessant paradoxe : le cinéma commence quand on a non seulement compris qu’il manquait une image mais surtout quand on a compris qu’on ne voit pas. Comme si l’essence du cinéma était d’ouvrir à l’aveuglement, d’éveiller l’aveugle qui se tient en nous les yeux ouverts, à la conscience de l’angle mort de toute vision. Car, paradoxe ardent, cette image lacunaire, de la défaillance du Voir, n’est pas une image invisible, une image inconnue mais, au contraire, une image non-visible, une image qui est fichée au cœur de l’image même, de toute image. On le dira plus franchement : l’histoire du cinéma est celle d’une image qui sait qu’elle devenue champ aveugle en soi.

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Le Centre Pompidou expose l’œuvre de Dominique Gonzales-Foerster jusqu’au 1er février 2016, un labyrinthe temporel (« Dominique Gonzalez-Foerster. 1887-2058 »), spatial (une trentaine d’œuvres entre la Galerie Sud, les terrasses du musée et l’atelier Brancusi) et intertextuelle tant l’œuvre de l’artiste est nourrie de cinéma, de littérature, de musique et d’architecture. Extension de l’exposition et œuvre à part entière, Marienbad électrique d’Enrique Vila-Matas paraît aux éditions Bourgois. L’ensemble forme un diptyque fascinant, jeux de miroirs entre deux artistes, deux univers, deux manières d’interroger la création, en conversation, dans une double mise en espace de strates qui se superposent, se conjuguent, se répondent.