Assia Djebar (DR)

La lecture, enfin accessible à tous grâce à la réédition, chez Barzakh à Alger en 2017, du premier roman d’Assia Djebar, La Soif (Julliard, 1957), soulève ces questions que les écrits de jeunesse d’écrivains ayant connu ensuite une grande célébrité posent toujours. Notons qu’en attendant sa réédition en France, le roman est accessible en bibliothèque. Ce roman, entouré de scandale à sa sortie et masqué par le mystère de son accès difficile, suscite une curiosité qui peut désormais être assouvie et partagée. Étant donné la notoriété acquise par l’écrivaine (élue en 2005 à l’Académie française en 2005 est un marqueur incontournable), il n’est pas indifférent d’en proposer une lecture.

Jean-Michel Blanquer, farouche opposant à l’écriture inclusive, jugée « très laide »

Depuis quelques jours en France, se dévoile le théâtre désastreux de la misère impondérable de la Réaction politique qui, chose cependant assez nouvelle dans l’histoire immédiate, s’attache pour une fois à l’usage de la langue et à son renouvèlement par l’écriture inclusive. De fait, depuis bientôt un mois, de Jean-Michel Blanquer en passant par Édouard Philippe, chacun (des hommes) fustige l’usage de cette écriture inclusive en se réclamant d’autorité d’un usage unique et normé de la langue, celui rappelé il y a peu par la toujours déjà moribonde Académie française, toujours prompte à sortir de son cénotaphe de la rive gauche pour venir annuler toute forme d’émancipation.

Daniel Maximin (DR)

Daniel Maximin, l’écrivain qui a pu écrire dans son premier roman : « ma soif invente encore des sources, et les sources s’élancent dans l’ignorance des mers et des déserts », vient de voir l’ensemble de son œuvre distingué par un prix de l’Académie française. C’est le moment donc de (re)visiter cette œuvre majeure des dernières années du XXe siècle et de notre XXIe siècle.

Marguerite Yourcenar

La récente publication de la correspondance croisée entre Yourcenar et Silvia Baron Supervielle est aussi d’un très grand intérêt. Cousine éloignée du poète Jules Supervielle, née à Buenos Aires en 1934, et installée à Paris dans les années 60, Silvia Baron Supervielle a été une grande traductrice en langue française d’auteurs argentins. Elle a maintenu une correspondance assez régulière avec Yourcenar, entre juin 1980 et juillet 1987, comme l’indique parfaitement le titre générique, Une reconstitution passionnelle, proposé par Achmy Halley dans l’édition de ces lettes. La classique relation d’auteur à traducteur se transforme peu à peu, sous nos yeux, en une amitié fervente, au point que Yourcenar en vient à terminer ses lettres par un « Je vous embrasse en veillant sur vous, avec ma pensée » ou « Je vous embrasse bien amicalement », preuves d’affection qu’elle prodigue rarement dans la correspondance publiée à ce jour.  

Les francophonies littéraires

Paru en octobre 2016, l’essai de Christiane Chaulet Achour, Les Francophonies littéraires, est une synthèse des littératures francophones des pays du Sud : d’Haïti à l’Algérie, de l’Afrique sub-saharienne à l’Asie en passant par les îles. L’ouvrage traite exclusivement de ce qu’on nomme aujourd’hui les « francophonies littéraires des Suds », c’est-à-dire l’ensemble des œuvres qui ont émergé durant la colonisation et dont la production s’est poursuivie après les indépendances.
Entretien avec l’auteure, autour ces littératures qui demeurent peu visibles en France malgré la renommée d’un Léopold Sédar Senghor ou d’un Aimé Césaire.