Brigitte Fontaine
Brigitte Fontaine est déroutante. Elle publie Boulevard des SMS, avec le dessinateur Alfred, recueil de maximes empreint d’une poésie résolument moderne. Sur ce Boulevard le trafic est dense, on y croise des papillons, Dieu, la langue française (« aphrodisiaque »), des femmes, des hommes, des bêtes, des cornemusiers, des mille-feuilles et même des tiroirs USB, comme un drôle d’autoportrait diffracté (même si l’image ne lui plait guère)… Brigitte Fontaine nous reçoit chez elle pour nous parler de ce drôle d’univers mais aussi de son admiration pour Bob Dylan, Prince ou Serge Gainsbourg. L’entretien est à son image, hors des clous et zazou, jusqu’à sa conclusion : elle nous fait écouter Kathleen Ferrier chantant Brahms, une de ses chanteuses préférées, avec Billie Holiday et Nina Simone. Décidément, Brigitte Fontaine préfère parler des autres pour se dire, l’une de ses nombreuses élégances.

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Des foules protestant contre les violences infligées aux populations noires américaines. Des manifestations qui dégénèrent. L’état d’urgence déclaré pendant plusieurs jours dans une grande ville américaine. Nous sommes à Charlotte, le mois dernier, en septembre 2016. Plus de cent cinquante ans après la fin de la Guerre de Sécession en 1865 qui a consacré l’abolition de l’esclavage, le mouvement Black Lives Matter milite encore aujourd’hui contre le racisme quotidien et les violences des forces de l’ordre américaines, démontrant s’il était besoin, l’étonnante actualité du sujet de l’exposition que propose le musée du Quai Branly « Color Line, les artistes africains-américains et la ségrégation ».