Nous avons tous en tête l’image d’un enfant noyé. Nous entendons les réactions politiques, les mises en perspectives géopolitiques, regardons des reportages, certains s’engagent, aident, accueillent. D’autres se focalisent sur des questions de vocabulaire, migrants ? réfugiés ? D’autres encore tempêtent, voudraient fermer les frontières, au nom de ceux qui souffrent, déjà, ici. En mars 2015 paraissait Quelle terreur en nous ne veut pas finir ? de Frédéric Boyer (P.O.L.). Il est bon parfois de relire. Tout était déjà .

New York, été 81 : les Clash partent à la conquête de New York et le roman du norvégien Frode Grytten, paru en mars dernier chez Buchet-Chastel, nous fait revivre ce summer incandescent…
Le récit est scindé en quatre chapitres et un épilogue, pour suivre tour à tour la manière dont les membres du groupe, Joe Strummer, Mick Jones, Paul Simonon et Topper Headon, vivent cet étrange été durant lequel quatre Anglais aux « coupes de cheveux de nazes », Dr. Martens aux pieds, vont croquer la Grosse Pomme grâce à leur manager, Bernie Rhodes – « les Clash étaient le Parti communiste, et lui Joseph Staline ».
L’enjeu est de taille, le groupe est au bord de la faillite, « même London Calling ne leur avait rapporté que des clopinettes ». Alors ce sera New York et des concerts au Bond’s, parce que « tenir New York par les couilles, c’était tenir le monde entier par les couilles ».