Indiscutablement, Benoît Toqué est une figure à suivre de la jeune scène poétique française contemporaine. Depuis le rythme plastique de ses poèmes jusqu’à ses performances, Toqué déploie un univers ironique où, entre répétitions frénétiques et variations par revenance, on ne cesse de s’interroger sur ce qu’est devenue l’histoire et sur ce qui reste de littérature en nous. Coup sur coup, Toqué sort deux textes, l’étonnant et inventif Contrariétés et le spectaculaire Entartête : deux textes qui ont décidé Diacritik à aller à la rencontre du jeune auteur à la faveur d’un grand entretien.

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Il me semble – mais va savoir, la mémoire parfois s’égare dans le dédale du théâtre qui porte son nom – que la première fois que mon regard a rencontré le nom d’Éric Suchère, c’était sur la couverture du n° 28 de la revue If (dirigée de septembre 1992 à novembre 2011 par Liliane Giraudon, Henri Deluy et Jean-Jacques Viton).

En 1977, neuf ans après Mai 68, au cours d’un entretien avec Michelle Porte, Marguerite Duras déclare : « C’est l’utopie qui fait avancer les idées de gauche, même si elle échoue. 68 a échoué, ça fait un pas en avant fantastique pour l’idée de gauche […] Il n’y a qu’à tenter des choses, mêmes si elles sont faites pour échouer. Même échouées, ce sont les seules qui font avancer l’esprit révolutionnaire. Comme la poésie fait avancer l’amour. »

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L’édition restaurée en Blu-ray et DVD chez Carlotta des trois premiers long-métrages en 35 mm de Jean-Claude Brisseau, Un jeu brutal, De bruit et de fureur et Noce Blanche, nous permet – il était temps ! – de reprendre lien avec une des œuvres majeures du cinéma français de ces quarante dernières années

Quand j’étais enfant, alors que je ne savais qu’à peine lire, je me ruais sur tous les livres que je pouvais trouver pour y découvrir ce je ne sais quoi, non d’éclairant, et encore moins d’éducatif, qui, bien que composé de rien d’autre que de mots, s’avérerait aussi jouissif que les histoires de Tintin ou de Spirou.

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J’aurais voulu avoir achevé la lecture de ce livre merveilleusement inactuel et plutôt inattendu (même si, en réalité, on l’attendait impatiemment), qui sonne cependant assez familièrement aux lecteurs obstinés de ce travail (dont je fais partie depuis le temps d’Orange Export Ltd, éditeur d’ouvrages aujourd’hui plus que rares à trouver, d’une splendeur non-maniérée, faisant état d’une éthique minimaliste et composés en principe de quelques pages typographiées – 5 pouvant suffire à composer un volume tiré en 9 exemplaires) avant que d’en entreprendre je ne sais quel rapport critique (ce que l’on nomme recension, chronique, fragments d’un journal de lecture, que sais-je ? – j’ai proposé la dernière fois pense-bête, gardons cette expression).

Malgré le mot d’ordre que semble s’être donné la “critique” de cinéma depuis une bonne quinzaine d’années (certains ayant même commencé à faire la grimace dès la projection de Mystery Train en 1989), Paterson, le dernier film de Jim Jarmusch, n’a pas été considéré comme une étape supplémentaire de la prétendue chute de ce cinéaste projeté dans les hauteurs dès 1984 quand Stranger Than Paradise avait obtenu la Caméra d’or à Cannes.

La revue La Femelle du Requin, créée à l’automne 1995 et toujours plus vivante, entretient un rapport exigeant avec la littérature contemporaine, entre lenteur et vertiges. Pour les vingt ans du Requin, « l’âge de tous les possibles », un livre, paru au Tripode, rassemble vingt entretiens dans un volume qui est moins un anniversaire ou une anthologie que le feuilleté, vivant et passionnant, d’un temps et un espace : la littérature.