Cet article a été publié le 6 novembre 2015. Il a été actualisé le 17 mai 2021.

Mein Kampf, manifeste d’Adolf Hitler dont on connaît la terrifiante postérité, a été écrit en prison, à Landsberg et publié en 1925. En 1934, il est traduit en français, sous le titre Ma doctrine. En 2012, l’écrivain allemand Timur Vermes publie chez Eichborn Verlag un roman Er is wieder da, traduit en 35 langues (en français par Pierres Deshusses chez Belfond puis en poche chez 10/18), un Il est de retour qui résonne étrangement alors que l’on annonce la reparution de Mein Kampf, chez Fayard, traduit par Olivier Mannoni. Le texte nationaliste et antisémite tombe en effet dans le domaine public en janvier 2016.

Non, ne vous moquez pas. Vous avez toutes et tous un jour fredonné Call Me Maybe dans la rue sur vos lecteurs MP3 en simulant le téléphone avec votre main, provoquant peut-être quelques sourires auprès des passants ayant croisé votre chemin — oui, c’est du vécu. Avouez également ! Le produit Carly Rae Jepsen a le mérite de poser au moins une question : comment un artiste peut il poursuivre sa carrière après un tube aussi écrasant et omniprésent que Call Me Maybe ?

Faut-il encore présenter Edmund White, biographe de Genet et Rimbaud, romancier américain dont l’œuvre — au-delà de ses qualités littéraires — a contribué à faire reculer les barrières des sexes et des genres ? Qu’il s’agisse de sa tétralogie autobiographique — Un jeune Américain (1982), Tendresse sur la peau (1988), La Symphonie des adieux (1997), L’Homme marié (2000) —, de ses romans, de mémoires (City Boy en  2010), c’est la société américaine que White met en perspective, interroge, dont il sonde les tabous et les avancées, les mutations sociétales et culturelles.

Nous sommes en 2015 après Jésus-Christ, toute la France est conquise par le nouvel Astérix… Toute ? Non ! Des irréductibles résistent encore et toujours. Et la vie du lecteur n’est pas facile au milieu des avis et camps tranchés des Adlibitum, Paroldum et Ilestbiencenouveautum. Chronique « pour et contre » du Papyrus de César, 36ème aventure d’Astérix par Jean-Yves Ferri et Didier Conrad.

La télévision et la radio célèbrent leurs archives, pérennisés dans des livres et DVD, lame de fond et phénomène de librairie en ce moment, avec une série d’anthologies hagiographiques d’un certain âge d’or — pour des émissions terminées donc mythiques comme Apostrophes ou Le Grand Échiquier — ou toujours sur les ondes, comme Le Masque et la plume, institution dominicale et doyenne des émissions de radio en Europe.

Selon une étude commandée par la SNCF à l’Ifop, dans les trains dont les trajets durent plus d’une heure, 75 % des passagers lisent — pour prendre le TGV deux fois par semaine, l’auteur de cette brève a des doutes sur l’exactitude du chiffre, ou alors elle ne prend pas la bonne ligne. Toujours est-il que la SNCF a lancé la semaine dernière un nouveau service, le e-livre, permettant d’accéder à 100 000 livres numériques, gratuitement pendant 45 jours d’essai, et, à partir du 19 décembre, contre un abonnement mensuel de 9 € 90.

 

Et si dans un grand élan de générosité teinté d’une once d’exhaustivité toute relative on vous parlait pêle-mêle de la Belgique, de Rome, de l’Afrique, de l’Amérique et de la France ? Un tour du monde en quatre-vingts feuillets en somme (c’est une expression, on ne fera pas de détour par la baie, pas encore, pas déjà, pas le temps).

Depuis que la Belgique existe, la littérature francophone du pays a toujours eu du mal à se faire entendre. Les auteurs avaient le choix : être accueilli par un éditeur de Paris et les élus étaient peu nombreux ou bien se rabattre sur un éditeur local dont on savait par avance qu’il diffusait mal ses ouvrages. Le plus souvent, la caisse de résonance était faible. Même les textes de ceux qui furent les plus grands — Maeterlinck et Verhaeren pour l’époque symboliste, Baillon plus tard, Nougé et Chavée pour le temps du surréalisme — devinrent inaccessibles, parce qu’ils étaient rarement réédités.