La mèche est allumée le 30 octobre, soit une semaine avant la parution du livre de Denis Robert qui s’en est alors ému sur son mur Facebook. Livres-Hebdo, l’AFP, L’Express-L’Expansion consacrent des articles à la publication presque concomitante de C’était Charlie de Philippe Val chez Grasset et de Mohicans de Denis Robert chez Julliard.

Cette semaine, dans votre magazine, lundi a été placé sous le signe du son (avec la revue Frappa et la poésie sonore d’A.C. Hello, une lecture musicale de Vous n’étiez pas là d’Alban Lefranc et un Arnaud Rakoon totalement « chébran« ). Mardi, Laurent de Sutter vous a donné son manifeste pour une nouvelle cinéphilie, Roberto Joris a porté un regard très différent de celui de Jérémy Sibony sur Moretti. Mais Diacritik, c’est aussi l’ouverture à des points de vue contrastés d’un même objet.

Christine la sœur de cœur me propose un abécédaire, mon abécédaire, portrait chinois, questionnaire de Proust ou tout ce que je voudrais, genre. Je commence l’abécédaire, tel jour, ça me fait plaisir, j’y vais bon train, de A comme amie à Z comme zut. Le lendemain je regarde je relis, je débande, je vois que tout est menti. Ce seraient d’autres mots, d’autres lettres, des écailles sortent tombent de mes yeux chaque jour et chaque jour elles sont différentes, écailles oui, ou follicules non rompus, chutes. A donc, lettre A mais bébébébé, B, ça s’entête, ça bute, ça ne sort pas, papapapapapa.

2015 est l’année de tous les paris pour Benoît Virot : une rentrée attilesque plus large, la poursuite des projets d’intégrale, la rencontre du Général Instin, et sans doute, un rapport autre à l’édition, à rebours de ses expériences antérieures.
Suite de l’entretien avec le caméléon de l’édition, « grand timonier » du Nouvel Attila, qui nous présente son équipe, les livres de cette année, les projets à venir, et parle, avant tout, du plaisir de voir ce laboratoire se construire, jour après jour, livre après livre et du mode de transmission d’un virus du texte, du livre, de l’édition.

Troisième métamorphose (ou incarnation) attilesque, l’aventure ouverte en 2014 avec une nouvelle maison d’édition, le Nouvel Attila et un catalogue déjà impressionnant, en littérature française comme étrangère, romans graphiques et autres varia et plusieurs collections (Incipit, Calques, Othello, etc.) qui témoignent d’une curiosité sans borne ou frontières de genre. Pour ce second volet de notre grand entretien (et cette troisième incarnation), Benoît Virot revient pour Diacritik sur l’année 2014, celle de la création et mise en orbite du Nouvel Attila.

Arno Bertina écrit que J’ai appris à ne pas rire du démon est « peut-être aussi une biographie », celle du chanteur américain Johnny Cash. Mais, en même temps, le livre est une fiction, moins dans le sens où il s’agirait de produire une vie imaginaire de Johnny Cash, une vie « romancée », que d’extraire de cette vie ce que la fiction peut en extraire, qui ne peut être qu’écrit – d’atteindre le niveau où la vie est fiction, c’est-à-dire indétermination, mouvement, multiplicité, paradoxe.

Numéro d’écrou 362573 juxtapose une fiction d’Arno Bertina et des photographies d’Anissa Michalon. Le texte et les photos tournent autour d’un des personnages, Idriss, qui n’est pas qu’un personnage de fiction mais renvoie à une personne réelle. Idriss est originaire du Mali, immigré clandestin en France. Il est, comme on dit, un « sans-papiers ».

Température anormalement haute, paysage suscitant une forme « d’inquiétude très animale », un moteur de moto semble près d’exploser. L’asphalte est-elle en train de fondre ? Se multiplient les manifestations d’un malaise du narrateur. Que signifient tous ces signes ? Nous ne le savons pas plus que lui : « si des signes me parviennent […], je ne les interprète pas, complètement largué ».