The Hope Six Demolition Project est un album mat. Par-delà le credo rock qui lui permit au début des années 1990 de signer parmi les chansons les plus marquantes de l’époque, de 50th Queenie à Meet Ze Monsta, PJ Harvey depuis White Chalk (2007) qui fissura les anciens murs de guitares post-punk pour ouvrir la voie à des mélodies moins âpres, est partie en quête d’une écriture de la note juste.

Wiliam Klein © JP Cazier
Wiliam Klein © JP Cazier

Le 16 avril a été inaugurée la 3e édition du Festival Normandie Impressionniste qui propose à travers la région normande un ensemble foisonnant d’expositions, de spectacles vivants, d’événements cinématographiques, lyriques, chorégraphiques – sans oublier le numérique, l’organisation d’ateliers, d’activités pédagogiques, de conférences, de rencontres, etc. Jusqu’au 26 septembre, l’ensemble de la Normandie, en plus de son patrimoine et de la beauté de ses lieux, devient l’occasion de s’immerger dans un monde culturel qui, pour cette édition, se veut résolument contemporain.

Woody Allen, Match Point

Double faute s’ouvre sur la même image que Match Point de Woody Allen : « la balle, en apesanteur, se figea, au sommet de sa courbe ». Mais elle retombe dans le carré de service.
Jeu, set et match. Willy croise Eric sur un cours, à Riverside Park, New York. L’amour est rencontre, tennistique comme amoureuse, des premiers échanges aux revers, « Double faute étant moins un roman sur le tennis que sur le mariage – un sport un peu différent ».

Lionel Shriver © Ulf Andersen

Lionel Shriver, romancière américaine, est une femme en colère, une rage qui anime chacune de ses publications, à commencer par son titre aujourd’hui le plus connu, Let’s talk about Kevin. La famille est au centre de son univers, cellule dont elle observe, sans fard, les ruptures et failles au quotidien comme les violences.
Son roman, Tout ça pour quoi, tout en décrivant un couple détruit par la maladie, est un pamphlet contre le système de santé américain et plus largement une charge contre un pays devenu « un attrape-couillon ».

51+zUm5N5VL._SX327_BO1,204,203,200_Mary Beard est professeur à l’université de Cambridge. Elle est considérée, au Royaume-Uni, comme une référence, si ce n’est la référence, dans le domaine de la Rome antique. C’est une figure universitaire connue, reconnue et respectée, que rien ne prédestinait à se spécialiser dans la chasse aux trolls, ces insupportables et ignares provocateurs de l’Internet et d’ailleurs qui font trois petits tours, trois petites insultes et puis s’en vont, mais il ne fallait pas l’agacer Mary Beard, c’est comme disent les Grands-Bretons, some woman! 

En adaptant Ô vous, frères humains d’Albert Cohen, Luz montre combien la haine est atemporelle et sans limite, et se nourrit de la folie des hommes jusqu’à la déraison de ceux qui en sont victimes. Luz signe un livre prégnant d’humanité, véritable cri surgi du passé mais ô combien et malheureusement toujours d’actualité.

Machines de guerre urbaines, coordonné par Manola Antonioli, rassemble des contributions d’architectes, de philosophes, d’artistes autour de questions relatives aux nouvelles façons de penser et de vivre les espaces urbains contemporains. A partir d’un concept inventé par Gilles Deleuze et Félix Guattari, cet ouvrage analyse ce qui s’invente autour des problématiques urbaines actuelles dans des domaines et selon des modalités très divers : architecture, agriculture urbaine, guérilla végétale, art, tiers lieux, urbanisme, etc.

William Shakespeare, dessin de Lauren Tamaki
William Shakespeare, dessin de Lauren Tamaki

Samedi 23 avril 2016 a été commémorée le quadricentenaire de la mort, le 23 avril 1616, de William Shakespeare, considéré comme le plus grand dramaturge de langue anglaise de tous les temps, symbole de cette même langue. D’ailleurs quiconque n’a pas entendu mentionner cette commémoration doit vraisemblablement vivre sur une île déserte ou attendre avec impatience la sextape de Marion Maréchal-Le Pen et les idées programmatiques de Mathieu Valbuena, à moins que ce ne soit l’inverse. Bref tout le monde y est allé de sa petite contribution, Shakespeare est devenu l’espace d’une fin de semaine un véritable « marronnier » journalistique, les spécialistes auto-proclamés du grand Will, pas Self, qui est déjà très grand, mais Shakespeare, ont étonnamment surgi un peu partout. Mais dans cet emballement proche de l’overdose médiatique, un ouvrage, d’abord publié en 2004 puis mis à jour et republié le 4 avril 2016, a marqué les esprits, engendré des louanges et s’impose désormais comme une référence.