Socrate : taille sur tes réponses, et si je dois te suivre,
Fais-les plus courtes
Platon, Protagoras (334a)

Brachylogie : le volume collectif Réinventer la brachylogie remet à l’honneur ce mot qui pourrait sembler démodé, entre pratiques anciennes et contemporaines. Cet ensemble, dirigé par Patrick Voisin, témoigne de la vitalité et de la modernité d’une notion peu connue et qu’il faut réinventer parce qu’elle fut considérée comme « un trope de valeur péjorative classée dans les figures de rhétorique ».

Une jeune fille avec un anus à la place de la bouche, une naine enceinte star d’une émission pour enfant sous le costume d’un ours rose, une prostituée sans yeux, une obèse sans le sous, une femme au visage déformé et son conjoint grand brûlé, un jeune homme qui rêve de perdre ses jambes pour devenir sirène face à une mère haïssable et un père absent que l’on soupçonne de pédophilie. Le tout enrubanné d’un décor ouaté, pailleté, rose vif ou mauve guimauve – les deux seules couleurs présentes dans un louable souci du détail : c’est un freak show kitschissime que le jeune réalisateur et comédien espagnol Eduardo Casanova nous propose dans son premier long métrage : Pieles.

En partenariat avec Diacritik et Remue.net, se poursuit « Une Histoire du Vertige », le cycle de dix lectures-conférences que, de septembre 2016 jusqu’à juin 2017, Camille de Toledo présente à la Maison de la Poésie de Paris.
Dans le sillage de la parution récente des Potentiels du temps, co-écrit avec Kantuta Quiros et Aliocha Imhoff, Camille de Toledo lira et explorera dans cette deuxième séance Histoire universelle de l’infamie de J.L. Borges… Il se promènera cette fois dans la « carte de l’empire », poursuivant ainsi les pistes explorées dans l’épisode 1, sur « l’entre-des-langues », les « habitations fictionnelles » et les « mythes du vertige ». Brièvement dit, il s’agira, une fois encore, de chercher à comprendre comment habiter…

En 2015, l’écrivain espagnol Javier Cercas est invité à tenir un cycle de conférences en littérature comparée à l’Université d’Oxford, succédant ainsi à George Steiner, Mario Vargas Llosa et Umberto Eco. Son sujet sera le roman, en tant qu’écrivain et critique, deux activités dont Cercas souligne la parenté en introduction de son essai, réécriture et prolongement des cinq conférences tenues en anglais : « tout bon écrivain est, qu’il le sache ou non, un bon critique » et « tout bon critique est un bon écrivain ».

Dans les dernières années de sa vie, Roland Barthes caressait le doux et infini projet, toujours repoussé jamais accompli, d’écrire un essai qu’il désirait intituler La Phrase au cœur duquel, comme il s’en explique dans son Roland Barthes par Roland Barthes, il aurait traqué, parmi ses auteurs favoris, la phrase comme une savante érotique et une patiente idéologie.

Camille de Toledo
Camille de Toledo

En partenariat avec Diacritik et Remue.net, débute ce mardi l’épisode premier d’« Une Histoire du Vertige », le cycle de dix lectures-conférences que, de septembre 2016 jusqu’à juin 2017, Camille de Toledo présentera à la Maison de la Poésie de Paris. Dans le sillage de la parution récente des Potentiels du Temps co-écrit avec Kantuta Quiros et Aliocha Imhoff et dans l’écho retentissant d’une œuvre qui, de Visiter le Flurkistan jusqu’à Oublier, trahir, puis disparaître, ne cesse d’interroger avec force la manière d’habiter « ce siècle neuf », Camille de Toledo interrogera dans cette première séance la possible naissance du vertige depuis une lecture du Don Quichotte de Cervantès.

Déjà récompensé au début de la rentrée littéraire par le prix du Roman Fnac, Laurent Binet a reçu aujourd’hui le prix Interallié 2015 pour La Septième fonction du langage (Grasset). Retour sur le livre sous-titré «qui a tué Roland Barthes ?», primé 100 ans jour pour jour après la naissance du critique littéraire et sémiologue français.

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Toute la semaine dernière, Diacritik a publié une série d’articles centrés sur littérature et art, dans ces croisements qui furent à l’origine même de notre journal : art contemporain, roman, essai, photographie, série télé, bande dessinée, cinéma et leurs échos infinis, comme une toile et un récit pour dire et penser le contemporain.

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Après avoir donné à la scène en 2012 le vif et inventif Nouveau Roman, Christophe Honoré est revenu cet automne au théâtre avec Fin de l’Histoire, spectacle d’une rare force dramaturgique, entre grâce joyeuse et tragédie sans retour, inspiré et réécrit depuis L’Histoire (opérette), une pièce inachevée de Witold Gombrowicz. Emmenée par la figure même du jeune Witold, poète immature et solitaire parmi les hommes, la pièce traverse le siècle et ses événements de désastre, ses errances politiques mais aussi ses débats philosophiques en autant de questionnements sur lesquels Christophe Honoré a accepté de répondre pour nous le temps d’une interview ouverte comme on dit en italien. Après ses triomphales représentations à la Colline et avant son départ en tournée, le metteur en scène et dramaturge évoque à travers une série d’images ce que, dans Fin de l’Histoire, nous voyons, et ce qui nous regarde.

Mille deux cents pages de Jean-Patrick Manchette (dont cinq cents déjà rassemblées en volume en 1997 aux éditions Rivages, mais possiblement neuves pour plus d’une lectrice ou d’un lecteur) paraissent en librairie pour le vingt-cinquième anniversaire de la disparition prématurée de l’auteur du Petit Bleu de la côte Ouest :

A partir de l’observation des manifestations publiques d’Antonin Artaud en 1946-1947, de l’irruption en ces mêmes années du mouvement lettriste à Saint-Germain-des-Prés, de l’arrivée de la Beat Generation à la fin des années 1950, du festival Fluxus et des différents événements organisés par Jean-Jacques Lebel, Jean-Clarence Lambert et Henri Chopin durant les années 1960, Proféractions !, que vient de publier Cristina De Simone, propose une histoire de ces pratiques qui, à Paris, entre 1946 et 1969, ont lié poésie et performance et fait de l’oralité leur champ d’investigation principal. Troisième et dernière partie de l’entretien mené par Emmanuèle Jawad avec l’auteure.