Benoît Peeters (écrivain, directeur des Impressions Nouvelles) et Laurent Demoulin (auteur du tout récent Robinson chez Gallimard) se sont livrés à un brillant et plaisant exercice : un grand entretien à deux, autour des éditions de Minuit et de Jérôme Lindon, que Diacritik, via Jacques Dubois, a le bonheur de publier, en deux parties.

Après l’étonnant et dépaysant Changer d’air en 2015, Marion Guillot revient avec C’est moi, l’un des meilleurs romans de cette rentrée d’hiver 2018. Roman policier presque sans police, récit vif et acéré inexorablement tendu vers sa fin, ce deuxième opus de la jeune romancière confirme son indéniable art de tramer une narration depuis les manques et les vides de ses personnages. Ici la narratrice qui partage la vie de Tristan, « côte à côte plus qu’ensemble », doit affronter le brusque décès de l’ami du couple, Charlin, énigmatique personnage. Diacritik a voulu revenir le temps d’un grand entretien avec Marion Guillot sur ce roman aussi neuf qu’haletant.

Âgée de 78 ans, devant la caméra de Jean Mascolo et Jean-Marc Turine sur le tournage du documentaire L’esprit d’insoumission, autour du groupe de la rue Saint-Benoît, Marguerite Duras se souvient de ce groupe d’intellectuels qui se réunissait chez elle à partir de 1942 : « C’était un pur mouvement de l’esprit surtout […] On voulait le bien des gens et de soi, on voulait la liberté des gens et de soi […] On était ce qu’on appelle des révolutionnaires, et nous quand on l’est à vingt ans on le reste, et nous sommes des vieux révolutionnaires, mais des révolutionnaires, vieux ».

Benoît Peeters (écrivain, directeur des Impressions Nouvelles) et Laurent Demoulin (auteur du tout récent Robinson chez Gallimard) se sont livrés à un brillant et plaisant exercice : un grand entretien à deux, autour des éditions de Minuit et de Jérôme Lindon, que Diacritik, via Jacques Dubois, a le bonheur de publier, en deux parties (retrouvez la première ici).

« Il y a qui on est. Là dans l’univers », écrivait Charly Delwart dans L’Homme de profil même de face (2010). Mais comment définir ce « qui on est », la somme de « il y a » qui constitue cet être au monde ? Peut-on se dire et dire l’univers, la place d’un « je » dans cet univers, depuis des données brutes et des statistiques ?

Une station-service est un non-lieu, au sens que Marc Augé donne à ce terme, un espace propice à une anthropologie de la surmodernité. Devenue roman, ce non-lieu — puisque l’article singularise la station-service tout autant qu’il en fait la représentante de toutes les autres, le lieu de tout lieu — se mue en temps, en feuilleté de micro-récits, de Chroniques d’une station-service. Un drôle de livre, signé Alexandre Labruffe.

C’était la révélation de la rentrée et c’est désormais le Prix du Livre Inter 2020 (présidé par Philippe Lançon) : Avec Avant que j’oublie, Anne Pauly signe un splendide et rare premier roman. Paru chez Verdier, dans la collection « Chaoïd », ce vibrant récit creuse la mémoire d’un père par sa fille plongée dans un deuil où, entre douleur et cocasserie, il s’agira pour elle de bâtir un mausolée incandescent. Roman de transfuge de classe diront certains : rien n’est moins sûr. A l’occasion de sa publication, Diacritik était allé à la rencontre de la romancière.

En janvier dernier, Sylvain Bourmeau publiait Bâtonnage, texte inclassable, sortant la littérature de l’intrigue comme le journalisme du flux ininterrompu de nouvelles sans relief, manière de raturer ce qui excède pour faire naître une altérité radicale, un sens nouveau, une forme proprement inédite, comme le soulignait Jacques Dubois.

Paru au cœur de cette rentrée d’hiver aux éditions de Minuit, Le Cas Annunziato, premier roman de Yan Gauchard (lire sur Diacritik l’article de Laurence Bourgeon), s’impose déjà comme l’une des plus belles et plus fortes réussites de cette année 2016. Contant l’histoire rocambolesque et pourtant statique de Fabrizio Annunziato, traducteur prisonnier d’une cellule de Fra Angelico à Florence, Yan Gauchard livre un roman distancié et joueur de la disparition ainsi qu’une fable politique sur l’Italie berlusconienne des années 2000. Diacritik a interrogé Yan Gauchard le temps d’un grand entretien sur son puissant premier roman.