Sombre et magnétique : tels sont les mots qui viennent à l’esprit après avoir lu le premier roman d’Etienne Kern, Les Envolés qui vient de paraître chez Gallimard. Kern y brosse l’histoire de Franz Reichelt, tailleur autrichien venu vivre à Paris et qui meurt un jour de 1912 en se jetant de la tour Eiffel avec le costume-parachute de son invention. Dans une langue qui traque les fantômes, le romancier cherche à mettre en lumière tous les êtres impermanents au monde qui ont, plus largement, traversé son existence, autant d’envolés qui, tragiquement, ont franchi le pas. Diacritik ne pouvait manquer d’aller à la rencontre d’Etienne Kern le temps d’un grand entretien pour saluer l’évidente réussite de ce roman qui hante longtemps.

Sur la toile, et tout particulièrement sur les réseaux sociaux, il arrive que des voix s’étranglent – d’indignation bien entendu, et à divers sujets. Ces voix, même si on a l’ouïe fine, on ne les entend pas, car elles ne sonnent finalement qu’assez peu, avec en plus quelque chose de creux dans le timbre.

C’est un nouvel essai fort et vif sur le contemporain que fait paraître ces jours-ci Laurent Demanze en dessinant ce qu’il nomme Un nouvel âge de l’enquête. D’Emmanuel Carrère à Hélène Gaudy et Ivan Jablonka en passant par Philippe Artières ou Philippe Vasset, Laurent Demanze dessine un territoire dans lequel les écrivains contemporains explorent la société et le monde en se saisissant à nouveaux frais de l’enquête. Diacritik a rencontré l’essayiste le temps d’un grand entretien pour explorer avec lui cette enquête indisciplinée, aux frontières de la sociologie et du roman noir.

En prélude au 29e Salon de la Revue qui se tiendra le 11, 12 et 13 octobre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de Yannick Kéravec et Hugo Pradelle, organisateurs de cet événement clef dans la vie des revues. L’occasion pour Diacritik de les interroger sur la riche programmation de cette année placée notamment sous le signe de l’effervescence critique et de l’investigation politique.

Les librairies sont fermées et les initiatives d’éditeurs se multiplient pour permettre aux lecteurs d’accéder à leurs titres, et en particulier à des livres tout justes parus et rendus indisponibles par le confinement. C’est le cas des éditions Inculte qui nous permettent d’accéder en un clic et quelques euros à quinze nouveautés et/ou livres de fond de leur catalogue. Parmi ceux-ci, A fendre le cœur le plus dur signé Jérôme Ferrai et Oliver Rohe, auquel Diacritik avait consacré plusieurs articles, ici réunis, lors de sa sortie.

Tout récit est procès, plus encore quand il s’attache à l’Histoire, à la place de la violence et du pouvoir dans l’Histoire : mais que peuvent plus précisément nous dire les procès, en tant que scènes judiciaires, d’un passé récent, le XXe siècle ?