Aglae

Dans la mythologie grecque, Aglaé, fille de Zeus ou d’Hélios selon les sources, fait partie des rayonnantes Charites (les Grâces romaines). La déesse éternellement jeune représente la séduction et la beauté dont témoignent les célèbres représentations de Cranach ou de Raphaël entre autres, ça c’est fait, c’est pour la grande culture.

Mais, Aglaé. Le spectacle est de Jean-Michel Rabeux, avec Claude Dégliame. Si le mot « artiste » signifie encore quelque chose, Rabeux-Dégliame en sont, des artistes, des vrais, c’est incontestable. J’ai vu le spectacle dimanche,

Pierre Etaix (photo : Marc Etaix)

Pierre Etaix, né en 1928, vient de mourir à l’âge de 87 ans, annonce sa femme à l’AFP. Complice de Jacques Tati (il avait réalisé l’affiche de Mon Oncle avant de devenir son assistant-réalisateur), fasciné par le monde du cirque, Pierre Etaix restera comme un homme orchestre du rire : réalisateur, acteur, clown, dessinateur, affichiste, réalisateur, gagman et auteur.

Rêve et folie (photo : Pascal Victor)
Rêve et folie (photo : Pascal Victor)

Jusqu’au 21 octobre, se joue au théâtre des Amandiers Rêve et folie, long poème enténébré du poète autrichien Georg Trakl, dans une mise en scène épurée et romantique de Claude Régy. Une expérience singulière qui explore les potentialités du théâtre contemporain.

Le jour même de la divulgation de l’identité du Nobel de littérature 2016 est annoncée la mort de son récipiendaire 1997 : Dario Fo, né en mars 1926, était écrivain, dramaturge, metteur en scène et même acteur, soit un rapport total et engagé au théâtre, de l’écriture du texte à son incarnation sur scène. Il était un saltimbanque, au sens le plus noble du terme, porteur d’un Gai savoir de l’acteur — titre de l’un de ses essais sur le théâtre, trad. fr. de Valeria Tasca, L’Arche, 1990.

Les Platonnes © Eric Merour

Ce samedi 1er octobre, à Drouot, à l’occasion de la « Nuit Blanche », les Platonnes présentent La Banquette. Kristina Mitalaité et Nariné Karslyan, historiennes de la philosophie et de la religion et Nicole Miquel, photographe et performeuse, décident, en effet, de subvertir le Banquet de Platon et d’en faire une performance féministe. Ainsi naît La Banquette des Platonnes – projet monumental où chacun des sept discours du Banquet originel de Platon fait l’objet d’une réécriture soigneusement féministe et se présente en performance polymorphe, comme l’explique Nariné Karslyan :

Koltès, portrait par Elisa Ruiz

Né en avril 1948, mort à 41 ans en avril 1989, Bernard-Marie Koltès brûle toujours les planches, nos imaginaires et représentations. Ses œuvres radicales nous hantent, son visage angélique, ses colères, sa solitude élevée au rang de titre, au milieu des chants de coton. Sa passion pour les marges, le combat. Sa volonté de dire « la solitude affective, la difficulté de parler, toutes les oppressions enfin qui ferment la bouche ». Parcours de son univers en trois livres qui soulèvent, un peu, le voile sur son mystère fondamental.

Marguerite DurasLes 2 et 4 juin derniers, on pouvait assister à la mise en scène d’une pièce de Léna Paugam Et, dans le regard, la tristesse d’un paysage de nuit d’après le texte de Marguerite Duras, Les Yeux bleus cheveux noirs, d’où cette phrase est extraite. Cela se passait à l’Espace Centquatre à Paris, à l’occasion du Festival « Impatience », une manifestation qui en est déjà à sa huitième édition – dans une collaboration qui voit le Centquatre associé à La Colline Théâtre National et à Télérama – et qui se propose de mettre en lumière le théâtre émergeant de jeunes artistes prometteurs.

William Shakespeare, dessin de Lauren Tamaki
William Shakespeare, dessin de Lauren Tamaki

Samedi 23 avril 2016 a été commémorée le quadricentenaire de la mort, le 23 avril 1616, de William Shakespeare, considéré comme le plus grand dramaturge de langue anglaise de tous les temps, symbole de cette même langue. D’ailleurs quiconque n’a pas entendu mentionner cette commémoration doit vraisemblablement vivre sur une île déserte ou attendre avec impatience la sextape de Marion Maréchal-Le Pen et les idées programmatiques de Mathieu Valbuena, à moins que ce ne soit l’inverse. Bref tout le monde y est allé de sa petite contribution, Shakespeare est devenu l’espace d’une fin de semaine un véritable « marronnier » journalistique, les spécialistes auto-proclamés du grand Will, pas Self, qui est déjà très grand, mais Shakespeare, ont étonnamment surgi un peu partout. Mais dans cet emballement proche de l’overdose médiatique, un ouvrage, d’abord publié en 2004 puis mis à jour et republié le 4 avril 2016, a marqué les esprits, engendré des louanges et s’impose désormais comme une référence. Par Jean-Louis Legalery.

Judi Dench en 2007, photo Caroline Bonarde
Judi Dench en 2007, photo Caroline Bonarde

Judi Dench est une actrice britannique connue, populaire et respectée au Royaume-Uni. Son aura a franchi la Manche et s’est étendu aux écrans du monde entier, grâce à son interprétation (dans la série cinématographique des James Bond) du personnage de M, imaginé par Ian Fleming, comme patronne inflexible et pleine d’humour du MI6 (Military Intelligence section 6), service d’espionnage et de contre-espionnage du Royaume-Uni. Par Jean-Louis Legalery.

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Tom Lanoye est aujourd’hui l’écrivain flamand n° 1. C’est aussi qu’il est un écrivain de combat, ce que l’édition française de Gaz, son récent opus, nous rappelle en quatrième de couverture : « Tom Lanoye milite pour les droits des homosexuels, dit ce texte, s’insurge contre les Flamands qui veulent diviser la Belgique et reste abasourdi devant le fait que plus de 3000 jeunes gens de nationalité belge ont basculé dans l’intégrisme militant et sont partis en Syrie. » Lanoye a écrit plusieurs romans, dont le très beau La Langue de ma mère, traduit en français aux éditions de la Différence. Avec Gaz. Plaidoyer d’une mère damnée, il nous propose un monologue de théâtre d’une grande force, d’une rare violence.