Jacques Derrida (DR)

L’histoire du concept de déconstruction – en philosophie et au-delà de la philosophie – est longue et complexe. Mais c’est ici au sens spécifique donné à ce mot par le philosophe français Jacques Derrida que je veux exclusivement référer afin de réhabiliter l’ampleur et la subtilité de ce geste aujourd’hui souvent décrié, essentiellement d’ailleurs par ceux qui ne le connaissent pas. L’amour, qui traverse cette démarche de part en part, semble-t-il, inquiète. Et parce que Derrida a toujours pensé et écrit dans une chronologie décalée, c’est maintenant plus que jamais, alors que notre temps radicalisé est comme allergique à toute forme de subtilité et de nuance, qu’il faut le lire et l’affronter.

Makoto Aida, Mimi Chan

Nous tenterons d’établir ici une critique des disciplines médicales, à la fois dans leur contexte historique et leurs pratiques contemporaines, pour démontrer qu’il existe une volonté insidieuse de maltraitance envers le genre féminin.
Le corps médical maintient et conforte l’idée de l’infériorité du sexe féminin en réduisant la femme littéralement au rang de « chienne », à la fois animal reproducteur et objet sexuel. Les consultations et les soins gynécologiques sont comparables à de la maltraitance animale. Le corps animal comme le corps féminin ne seraient-ils, chacun, devenus les plus gros objets de consommation, pour reprendre la maxime de Baudrillard ?

Damien Hirst, Lullaby (détail), 2000. Verre, acier, aluminium, résine et peinture
Damien Hirst, Lullaby (détail), 2000. Verre, acier, aluminium, résine et peinture

Au début du siècle dernier, la découverte et le développement des produits anesthésiants sonnent la fin de la douleur physique au cours des interventions incisives. L’anesthésie participe remarquablement à l’évolution des techniques chirurgicales qui sont encore fortement imprécises et dangereuses avant la première guerre mondiale. Les méthodes d’antalgie, dont l’économie serait aujourd’hui impensable quelque soit l’intervention, sont assez récentes : c’est au XIXè siècle qu’ont lieu les premières interventions concluantes sous anesthésie générale à partir des découvertes respectives des savants : Joseph Priestley, Horace Wells, Young Simpson et James Corning.

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Voici un petit livre aussi intelligent que plaisant. Il tient son côté légèrement ludique de ce qu’il fonctionne suivant un principe d’emboîtement qui fait penser à des poupées russes. C’est que, maître d’œuvre, Nathalie Heinich y commente Alexandre Koyré, qui y commente Erwin Panofsky, qui y commente l’immense Galilée. Et cela signifie qu’une seule et même grande idée est en quelque sorte reprise quatre fois, nous promenant du XVIe au XXIe siècle. Quatre fois, c’est sans doute beaucoup, mais l’entreprise trouve toute sa raison d’être dans ce qu’elle tourne autour d’une thèse paradoxale à plus d’un égard et qui, initiée par Galileo Galilei, fait état d’une rare modernité tant pour la Renaissance italienne que pour notre époque.

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La problématique de l’accélération fait aujourd’hui plus que jamais irruption dans la pensée sous toutes ses formes. Le tonitruant philosophe Laurent de Sutter vient de diriger un très bel ouvrage collectif consacré à cette question (Accélération !, PUF, 2016). Des réflexions stimulantes et parfois enthousiasmantes y sont présentées autour du manifeste « accelerate » de Nick Srnicek et Alex Williams qui a fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps. Dans ce texte devenu fameux, les deux jeunes chercheurs britanniques déploraient l’obsession de la gauche pour la décroissance négative et prônaient un dépassement du capitalisme par une forme d’emballement.